‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 147 sur 262 · LIVRE XIL · texte numérisé non relu

LIVRE XIL

pique» rassdmikiaieDt à coups de bûche, pdis reprenaient tranquillement leur ouvrage un moment interrompu en achevant de nettoyer les cours et d*enlever les corps morts.

Les massacres continuèrent, pendant toute la journée du &, à TAbbaye» à la Force, à Bicétre. Ce fut à leur retour de cette dernière prison que les assassins envahirent la Salpêtrière. Cet hôpital-prison renfermait des vieilles femmes, des malades et des détenues. Parmi ces dernières, il y avait Un certain nombre de jeunes filles en correction.

Le 3 au soir, quelques individus avaient pénétré dans cette maison et avaient fait sortir plusieurs prisonnières; mais, à Tarrivée de deu\ ou trois compagnies de garde nationale appartenant notamment à la section Mauconseil, ils s'étaient retirés sans avoir pénétré dans la partie appelée la grande Force ^.

I. M. Grenier de Cassagtiac, qui tient à augmenter les torts quMl prèle à la bourgeoisie de Paris dans ces malheun*usos circonstances, dit (p. 450, t. Il) que ce fut la garde nationale de la section Mauconseil qui régularisa le massacré de la Salpêtrière et y asi^ista Parme ao bras. Il se fonde pour appuyer cette assertion sur cette mention qu'il a trouvée, comme nous, dans le registre de cette section, à la date du 3 septembre :

« L'Assemblée, sur la proposition et le rapport de M. Lesimple, Bommé commissaire, a arrêté que deux cents hommes et une pièce de Cinon partiront sur-le-champ pour la maison de la Salpêtrière et renonceront la garde nationale qui s'y trouve. »

^ais cet envoi du bataillon Mauconseil eut lieu le 3 septembre, et

*e massacre à la Salpêtrière ne commença que le 4, à quatre heures

^^ Soir. On voit, par le récit de Prudhomme, corroboré parla lettre de

'économe de la Salpêtrière, que le bataillon réosiîl. à faire retirer les

^vahisseurs du 3, et, qu'après leur retraite, il rentra dans son quar-

L'économe de la Salpêtrière avait, dès le & au matin, écrit au maire de Paris et à la seclion du Fioistère, pour leur exprimer toutes les craintes qu'il avait pour la sûreté de la maison confiée à sa gaixle ; mais ses lettres étaient restées sans résultat et môme sans réponse.

1^ première partie de la journée fut tranquille ; mais, vers quatre heures du soir^ les bandes ivres de sang et de vin qui revenaient de Bi(;étre, passant devant la Salpêtrière, s'attroupent sur le boulevard de I* Hôpital; n'éprouvant aucune résistance, elles pénètrent dans la prison et y portent celle fureur de carnage que les trentesix heures passées à égorger des vieillards et des enfants ont poussée à son paroxysme.

Sauf deux exa»plions, prises aux deux degrés extrêmes de Téchelle sociale (la princesse de Lamballe et la bouquetière du Palais-Royal), les femmes avaient été partout épargnées. .Mais iri les assassins se surpassent euxmômes en férocité et en cynisme. Ils se livrent aux plus O'Jieux attentais sur des femmes, des jeunes filles, des enfants, le meurtre se complique de viol; en un instant trente-cinq malheureuses femmes sont assommées ou Scibrécs*.

lier. Il no peut donc èire responsable d'événements qui se passèrent di\-liiiit heures afjrès son départ. L'erreur de M. Granier de Ca^sa- •j;n(ic est d'autant plus étrange (]u'il avait sous les yeux la lettre de rcconuino de la Salpêtrière, insérée par lui dans un autre passage de son ouvrage (p. 78, t. H.)

f . Parmi les trente-<-in(i malheureuses femmes qui périrent, il y ea avait quelques-unes fort âgées (00 et 70 ans); plusieurs n'avaientque quelques années et même quelques mois de détention à subir.

Cinquante-deux femmes et lilles furent emmenées fwr les asôasaiii?,

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