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port proleste contre l'évidente illégalité dont on veut le rendre victime, invoque le nom de son ancien collègue Pétion, et déclare qu'il ne peut reconnaître à des gens inconnus, s'intitulant membres du coniité de surveillance et de salut public, le droit de lancer, de Paris, un mandai d'amener exécutoire dans le département de Seinc-el- Marne, sans qu'il soit revêtu d'aucune autorisation des pouvoirs hiérarchiquement supérieurs. L'émissaire du comité de surveillance ne veut rien écouter, ne donne pas même k Duport le temps de retourner au château, et le dirige, sous bonne et sûre garde, vers Nemours. Cependant, les agents subalternes qui accompagnaient le porteur du mandat d'amener ont l'air de compatir à l'infortune de Duport et d'être sensibles à ses protestations. Celui-ci les charge d'aller immédiatement à Paris et d'informer les amis qu'il compte encore à l'Assemblét» de son arrestation arbitraire; ils le lui promettent et reçoivent probablement d'avance la récompense de leur hmne action. Ils voyagent toute la nuit, mais au lieu de se rendre à la salle du Manège , ils courent au comilé de surveillance , où Marat bondit de joie en apprenant la wpiure qu'ils ont faite, et leur remet l'ordre d'aniener immédiatement Duport à Paris.
Heureusement pour l'ex-constituant, la tendresse (on- JDgale veillait sur lui. A peine a-t-il quitté le Bignon avec 'escorte de gardes nationaux requise par les agents parions, que sa femme fait partir secrètement à franc étrier ^û exprès pour annoncer au ministre de la justice ce qui ^'entde se passer. Celui-ci, qui connaît la haine de Maral, P>*essent aussitôt le sort réservé à Duport, s'il arri^e lu r.\
dans la capitale ou môme dans les environs. Il se liàte donc d'écrire au commissaire du pouvoir exécutif près le tribunal de Nemours, pour lui défendre de se dessaisir de la personne du prisonnier, sous quelque prétexte que ce soit; mais à peine a-l-il plié sa lettre, qu*îl se demande si le courrier qui en sera porteur trouvera encore Duport à Nemours. Il craint que ce courrier ne se croise sur la route avec les envoyés de Marat, et qu'aucune autorité n'ose ouvrir un pli portant le contre-seing du ministre. Il ajoute de sa propre main, sur la susrri|h tion : ou à tout autre commissaire de district des envi' ivns , sur la route de Paris à Nemours , et il sisine de son nom redouté : Danton^.
La procaution n'était pas inutile. En effet, le courrier, arrivé à Melun, présente l'ordre, dont il est porteur, an conseil général de la commune, qui siégeait en permanence. Celui-ci ne sait ce que veut dire cet ordre, car il n'a ps entendu parler de l'arrestation de Duport; mais, à f>oine le courrier est-il sorti de la niaison commune pour se mettre à la recherche d'autres autorités mieux renseignées , qu'arrive Duport, accompagné d'un nom-