‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 165 sur 262 · I. La l 'tire de Danton êtiiit ainsi conçue · texte numérisé non relu

I. La l 'tire de Danton êtiiit ainsi conçue

« Paris, ce 7 septembre 1*792, l'an iv de la Liberté, et le i«r de l'esté.

'( Des mol ifs importants à Tonire public exigent, monsieur, qae

votre tribunal fa<sc re'enir le sieur Duport, ex-dépulé de l'Assemblée

ronslituantp, dans les prisons où il est actuollement détenu, etquiî

ne le laisse pi;s arriver k Paris jusqu'à nouvel ordre. Je vous prie '-«

\eiller à l'exécution de mes intentions, ainsi qu'à la sûreté decepn-

sonnier.

« Le ministre de la justice,

« Danton. »

U\ RK Xill. S6S

breux Jêlafliement de gardes nalionairs. qui, heiircuscmenl, ont niarclK' à petites journ6es depuis le Bignon et Nemours. Les chefs de l'escorte sont porteurs, non-scule- (iicnl du mandai d'arrestation lancé par le eoniilé de surveillance, mais de la nouvelle lettre du ooniilé qui invite " les ofiiciers nuinicipaux de Melun à faire conduire justgu'à ChareutoD, sous bonne escorte, le sieur Adrien Duporl, qui, lii, sera conlié à la municipalité de Paiis. u A la nouvelle de l'arrivée du prisonnier, qui lui a été si soigneusement recommandé par son supérieur hiérai^ chique, le commissaire du pouvoir exc^ulif prî'S le tribunal de Melun accourt à l'Hôtel de Ville. D'un autre côté, le porteur de l'oi-dre des dictateurs pai'isiens revendique impérieusemeiil le droit de conduire le prisonnier jusqu'à la limite du déparlement, et de le li\rer a ses patrons. Dans quel but? Il a du moins la prudence de ne pas l'aTouer.

Chacune des parties conlendanles maintient ses droits

i tvec acharnement. Le conseil général de la commune de

Melun est pris pour juge du litige. On amène devant lui

l'homme dont la vie et la mort se débattent sous la forme

jl'aoe simple question de compétence. Mais cet homme est

Misiénie qui, troisans auparavant, a été le promoteur de

l'féforme de nos lois criminelles; c'est lui qui a posé,

mt l'Assemblée constituante, les vrais princî{)es de la

é individuelle; ce sontces principes qu'invoquent ses

hiTeurs el que veut fouler aux pieds l'agent des ven-

Iffancesmaratistes. Enlîn, aprésde longues et violentes dis-

, le conseil généra! déi lare, " qu'attendu l'esiièce

«conlradiction a-sullant deTinvilalionà lui adressée par

le comité de surveillance de la cominuDe de Paris, et de la réquisition qui vient de lui être faite, en vertu de Tordre de M. le ministre de la justice, parle commissaire du pouvoir exécutif, il y a lieu de consulter l'Assemblée nationale sur le [)arli à prendre, et de garder Duporl en la maison commune, sous la sauvegarrle de la loi et la responsabilité des autorités. » Un courrier part à rînslaol môme, port(Mirde lettres pour le ministre de lajusticeet le président de l'Assemblée. Des le lendemain, 8 septembre, la Léi^Mstative, saisie par Danton de la question, lui en abandonne la solution par un décret formel. Danton s'empresse de transmettre ce décret au commissaire national près le tribunal de Melun* et ajoute de sa main, à l'expédition odicielle, ce post-scriptum significatif : « Je vous observemi (juc, dans cette circonstance, vous ne devez reconnaîtrez (pie mes ordres, quels que soient ceux que vous receviez traiileurs. »

Mais il était tlillicilo de passer outre sans mettre le comité de surveillance et Marat, (pii l'inspirait, en demeure de préciser le^ accusations dirigées conlœ Duport. DanUm se décide donc à écrire, le 10, aux inquisiteurs de la mairie, pour les inviter à envover au tribunal du 17 août les pièces qui inculpent Tancien constituant, et leur diklarer (|ue, si ces pièces ne sont pas imn)édiatement disposées, il donnera les ordres nécessaire> pour mettre le prisonnier en liberté.

En lecevant la missive olHtielle, Marat entre en fureur et dicte lui-même la réponse à faire au ministre. Mieux (jue tout ce (pi;* nous pourrions raconter, elle montre sur quelles bases étaient appuyés les ordres d'arresta lion qui

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