‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 171 sur 262 · LIVRE Xni · texte numérisé non relu

LIVRE Xni

a du tribunal de la haute cour nationale et le lieu où « elle doit siéger, à la distance de trente mille toises de « la ville où le corps législatif tient ses séances;

« Considérant enfin que le château de Saumur préce sente tous les nioyens de sûreté pour la garde des pri- « sonniers, et n'exige pas le concours d'une force armée « considérable.

« L'Assemblée nationale, après avoir décrété l'ur- « gence, décrète ce qui suit :

« Art. I". Les personnes détenues dans les prisons « de la haute cour nationale seront, à la diligence des « grands procurateurs de la nation et des commissaires « envoyés par le pouvoir exécutif à Orléans, transférées a sur-le-champ dans les prisons du château de la ville de « Saumur.

« Art. II. Les commandants de la garde nationale « d'Orléans et de la garde nationale parisienne actuellecf ment à Orléans seront tenus d'assurer le transport des a prisonniers par une escorte sufiisante.

« Art. III. Les gardes nationales qui se sont rendues cf de Paris h Orléans se retireront sans délai au sein de « la capitale et viendront partager le service extraorditt naire auquel les citoyens de Paris vont se dévouer « pour le salut de la patrie et la défense de la capitale. »

Le décret lu, on en donne copie aux deux commandants, que l'on invite à fixer le nombre d'hommes rigoureusement nécessaire à l'escoite des prisonniers. Fournier demande à conférer de cet objet important avec ce qu'il appelle srn élat-major. P(m dant ce temps, les corn-

missairos civils et les grands procurateurs de la nation écrivenl au ministre de la justice pour lui accuser réception de ses dépêches et l'assurer de tout leur zèle à les faire exécuter*.

A peine le courrier est-il remonté à cheval que Fournier rentre dans la salle du conseil, suivi de son lieutenant Bécard. Il s'explique d'une manière évasive sur le nombre d'hommes dont il a besoin ; maisBécard, moins dissimula, répond brutalement : « Tous ces détails sont inutiles, l'armée de Paris ne se divisera point, telle est sa volonté et celle de ses chefs, aucun décret n'y fera rien. » Fournier, bien loin de désavouer son lieutenant, déclare à son tour

I. Le minisire de la juslice s'empressa de communiquer ceUe réponse à l'Assemblée et de profiler des expressions vagues donl se servaient les rédacteurs de la letln^ pour endormir la vigilance de la commission extraordinaire.

« Monsieur le Président,

a J'ai l'honneur de prévenir l'Assemblée nationale qu'une heure après la réception de la loi, qui ordonne la translation à Saumur des personnes détenues dans les prisons d'Orléans pour accusation de crime de lèse-nulion, je l'ai expédiée par un courrier extraordinaire aux commissaires du pouvoir exécutif et aux procurateurs généraux. Ce courrier arrive à l'instant, porteur de la réponse des commissaires qui m'assurent de leur zèle pour mettre prompteraent la loi h exécution.

« Je suis avec respect, >!onsieur le Président,

(f Votre très-humblo et très-obéissîint scr\ileur,

a Danton.

« Paris, ce l septembre 1102. »

Le courrier, on lo voit, avait fait grande diligence à l'aller et aa retour. Parli dans la nuit du i au 3, il était arri\é k Orléans le 3 environ à quatre heures de l'après-niidii reparti à huit heures du S'jir, il éUiit de retour le ^, date de la lettre de Dantrn à TAssenablée.

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