‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 2 sur 262 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

ceux qui auront obtenu de leur bon plaisir un certificat de civisme^. Ils exigent l'institution immédiate de tribunaux extraordinaires qui ne seront astreints à aucune des formes protectrices que les lois nouvelles ont consacrées.

Quant à la liberté de la presse, la première des libertés, puisqu'elle est la sauvegarde de toutes les autres, qu'en fait la commune ? Par un seul arrêté, elle supprime tous les journaux royalistes, et ordonne Tarreslalion de leurs rédacteurs, comme empoisonneurs de l'opinion publique. Ne respectant pas plus l'inviolabilité de la propriété que celle de la pensée humaine, elle confisque les presses et caractères qui servaient à la publication de ces feuilles; elle les distribue gratuitement aux écrivains réputés patriotes, et ceux-ci ne rougissent pas de s'enrichir des dépouilles de leurs ennemis 2.

Les despotes populaires s'arréteront-ils au moins devant le secret des lettres, pour lequel l'Assemblée constituante avait montré un respect si scrupuleux? Non. Ils n'ont pas même la pudeur des gouvernements absolus qui voilent de certaines ombres ces honteuses pratiques. En plein soleil, des délégués municipaux envahissent les bureaux de la poste, arrêtent le départ des courriers , ouvrent toutes les correspondances.

On avait proclamé comme la plus sûre garantie de la

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