LA FORCE
Peltier donne le chiffre de 164 victimes; Prudhomme, celui de 161. MM. Bûchez et Roux adoptent le chiffre 167, donné par Maton de la Varenne.
M. Barthélémy Maurice, prétendant n'avoir aucune donnée exacte sur le chiffre des victimes de la Force, se contente de réduire arbitrairement les chiffres indiqués par Peltier, et donne avec la plus incroyable légèreté le chiffre de 120 (voir page 351 de son Histoire des prisons de la Seine).
Le procès-verbal dressé, à la date du 11 février 1793, par Auzolles, commissaire de police de la section des Droits de THomme, en présence de Bault, concierge de la Force, constate: « 1** que les massacres ont eu lieu à la Force les 3, 4, 5, 6 et 7 septembre ; 2° que, vu la frayeur et la consternation répandues sur tous les gens attachés à la maison de la Force, les prisonniers n'avaient en général d'autres témoins de leur mort que les auteurs de leur massacre; qu'il était impossible dè'is lors de tenir registre de ceux que Ton sacrifiait, attendu que Ton ignorait le nom des prévenus et qu'on exécutait avec trop de célérité. »
A ce procès-verbal sont jointes deux listes certifiées par les sieurs Bault et Huyet, un des gardiens : la première, comprenant 64 personnes dont la mort peut être certifiée par Huyet, comme témoin oculaire (Bault avait été éloigné de la Force dès avant le commencement des massacres et n'y rentra que le 7); la deuxième, indiquant 96 personnes dont la mort paraît certaine, quoique l'on n'en ait pas la preuve authentique.
A ces deux listes il faut ajouter le nom de M"'® de Lamballe qui ne se trouve ni sur l'une ni sur l'autre. La princesse avait été écrouée à la petite Force, et elle ne fut amenée à la grande
Force, par les cours intérieures, que pour y être massacrée.
M. Granier de Cassaguac propose d'ajouter à ces 161 noms 10 autres qui figurent dans les papiers de Pétion. Il arrive ainsi à un total de 171.
L'état dressé le 10 septembre 1702 par le comité de surveillance porte à 160 le chiffre des victimes de la Force.
On le voit, les historiens, à l'exception de M. Barthélémy Maurice, varient peu dans leur appréciation. Nous croyons devoir encore nous arrêter au chiffre donné par le comité de surveillance, 160.
LK CIIATELET.
Peltier donne le chiffre de 211 victimes; Prudhomme, celui de 216.
MM. Bûchez, Roux, Barthélémy, et Firmin Didot, déclarent qu'ils ont compulsé les registres d'écrou du Chàtelet; mais cette vérification leur donne des chiffres différents. MM. Bûchez et Roux arrivent à un chiffre de 189; MM. Barthélémy Maurice et Firmin Didot à un chiffœ de 153.
On voit, par ce seul rapprochement, que les vérifications sur les éorous sont sujettes à de fréquentes et singulières erreurs; Ton doit dès lors y ajouter peu de foi.
Le procès- verbal drtssé par le commissaire de police de la section du I^uvre, à la date du 16 septembre 1792, en présence de Watrin , concierge du Chàtelet, et de deux membres du conseil général de la Commune, constate 219 décès. M. Granier de Cassagnac propose d'y ajouter k autres noms inscrits sur le registre d'écrou avec la mention mis à mort, et qui ne se retrouvent pas dans la liste nominale. Nous adoptons ce chiffre de 223 qui so rapproche d'ailleurs beaucoup du chiffre donné par le comité de surv(»illance, 217.