LIVRE IX
cause Daturellement l'agitation ia plus vive dans la ville et au sein de TAssemblée nationale. Le jour même» Vergniaud vient proposer, au nom de la commission extraordinaire» un décret qui est immédiatement adopté.
L'arrestation des commissaires, les arrêtés de la commune et du district de Sedan, et ceux du Directoire du département des Ardennes, sont réputés actes de rébellion, attentats à la liberté, à la souveraineté du peuple et à l'inviolabilité de ses représentants. En conséquence :
tt 1* Les administrateurs du département desArdennes et du district de Sedan , les officiers municipaux et les commandants de la force publique de cette ville sont déclarés personnellement responsables de la sûreté et de la liberté des commissaires de l'Assemblée nationale ;
«2'*Les quatorze administrateurs et le procureur général sjTîdic du département des Ardennes qui ont concouru à l'arrêté du 15, et le maire de Sedan, seront mis en arrestation et traduits à la barre de l'Assemblée;
tt 3* Trois nouveaux commissaires, pris dans le sein de l'Assemblée, sont envoyés immédiatement dans les Ardennes * et autorisés à y requérir la force publique pour assurer la liberté de leurs fonctions ;
u 4" Seront considérés comme infâmes et traîtres à la
trois commissaires à l'armée du Nord . annonce Tarrestation de leurs trois collègues opérée, le 14 au matin, à Sedan. On voit avec quelle rapidité cette nouvelle avait franchi les cinquante lieues qui séparent ces deux villes.
4. Ces trois nouveaux commissaires furent Isnard, Quinelte et Baudin ^des Ardennes).
patrie les officiers civils et militaires, et les citoyens qui refuseraient d'obéir à la réquisition de ces commissaires *. »
Ces premières mesures parurent bientôt insuffisantes. Les nouvelles qui arrivaient à chaque instant du camp de La Fayette exaspéraient de plus en plus les Montagnards. Les motions les plus violentes éclataient contre le général et les constitutionnels qui, quelques jours auparavant, avaient pris sa défense.
« Le décret qui a absout La Fayette, s'écriait Chabot, est la seule cause de l'insurrection qui a lieu. » Et se tournant vers la droite, il ajoutait : « Oui, c'est vous qui l'avez faite, cette insurrection; c'est l'absolution de La Fayette qui a fait répandre le sang aux Tuileries ; vous êtes couverts du sang de vos concitoyens ! » Bazire proposait que la tête du général fût mise à prix et qu'il fût permis à tout citoyen de lui courir sus.
Le lendemain, 18, Léonard Robin et Charlier demandaient que tous les citoyens de la commune de Sedan, les officiers et généraux actuellement dans cette ville, et même les soldats faisant partie des bataillons de volontaires ou des troupes de ligne, fussent responsables sur leurs têtes de la liberté et de la vie des trois commissaires arrêtés. Merlin proposait de décréter que tous les membres du conseil général de la commune de Sedan qui avaient signé la délibération, dont le texte venait de parvenir à l'Assemblée législative étaient compris dans les mesures déjà prononcées contre le maire de cette ville,