‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 40 sur 262 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

lait Lauzun, ce général avait été admis dans Tintirnité de la reine; depuis, il s*élait jeté dans les bras des Jacobins. On ne pouvait donc pas douter de son empressement à se prononcer en faveur de la révolution du 10 août. Mais certains membres de son état-major étaient d*un civisme assez suspect, comme on disait alors. C'est pourquoi dès leur arrivée, les représentants réunirent tous les officiers du corps d'armée posté à Wissembourg, leur firent lire à haute voix les pouvoirs qu'ils avaient reçus de l'Assemblée et posèrent à chacun des assistants cette question :

« Vous soumettez- vous purement et simplement aux décrets de l'Assemblée nationale? Oui ou non?

« Oui, sans restriction, » répondit Biron. — Plusieurs des officiers supérieurs, entre autres le général chef d'élatmajor Victor de Broglie et le chef de bataillon du génie CaffarelliDu Falga, firent entendre d'énergiijues réserves. Caffarelli déclara formellement « qu'il ne reconnaissait point l'omnipotence de l'Assemblée concernant les objets sarlesquels elle s'était récemment prononcée, la suspension du pouvoir exécutif, l'emprisonnement du roi, etc.; qu'il était résolu à agir contre les factieux de toute espèce; que même il marcherait contre les ennemis intérieurs et contre Paris, s'il était commandé. »

La suspension de ces deux officiers et de plusieurs autres qui suivirent leur exemple fut aussitôt prononcée par les commissaires ^.

4. On trouvera, à la fin de ce volume, une notice sur plusieurs des officiers suspendus à la suite des événements du 40 août. La plupart décos officiers rentrèrent plus tard dans les ningsde Tiirméo, notam-

82 HISTOIRE DE L\ TEUUEUR.

Du quartier général de Binon, ceux-ci se dirigèrent vers Lauterbourg au quartier général de Kellermann ; tous les officiers s'y soumirent au serment. A Landau, Custines les reçut et les Gt recevoir par ses troupes avec enthousiasme. Il n'y eut là que deux colonels qui se montrèrent formellement opposés aux décrets du 10 août, MM. Joseph de Broglie et de Villantroy. Ils furent immédiatement suspendus de leurs fonctions et arrêtés. M. de Villantroy fut remplacé par Bouchard, le futur vainqueur d'Hondschoote*. — Les commissaires de l'armée du Rhin terminèrent leur voyage en passant par Huningue et Besançon. Dans la première de ces villes ils suspendirent de ses fonctions de maréchal de camp l'ancien constituant Richelieu d'Aiguillon qui, dès

mentCaflarelHDu Falga quo les commissaires eux-mêmes déclarèrent, dans leur rapport (voir le Moniteur, page 987 ), « jouir d'une répulation distinguée pour son mérite personnel , son patriotisme et même ses principes philosophiques. » On sait que CafTarelli Du Falga mourut pendant l'expédition d'Egypte, à Saint- Jean-d' Acre, dont il avait dirigé le siège.

Victor de Broglie fut moins heureux. Rentré dans la vie privée, il fut dénoncé, dix-huit mois après, au Comité de sûreté générale. On réunit contre lui les témoignages de Carnot, de Prieur (de la Côted'Or) et de Ritter (le quatrième commissaire, Coustard, avait lui-même péri sur Téchafaud), et sur le vu de ces piècos, le tribunal révolutionnaire le condamna à mort, le 9 messidor an II (27 juin 4794). On trouvera, à la fin de ce volume, le texte même de la déclaration que Victor de Broglie remit le 46 août entre les mains de Biron et les trois certificats qui furent envoyés au Comité de sûreté générale par Carnet, Prieur et Ritter, au moment môme ou le procès de Victor de Broglie s'entama.

h. Voir le rapport des commissaires près do l'armée du Rhin. Moniteur, p. 4012.

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