LIVRE X
Marie-Joseph, et beaucoup de la rivalité de plus eo plus patente, des querelles de plus en plus envenimées qui surgissaient chaque jour entre la couiuiune et la Législative.
Ces querelles avaient un instant paru s'apaiser; car l'Assemblée avait accédé à toutes les prétentions de sa rivale. Elle avait obéi de mauvaise grâce, mais enfin elle avait obéi à tous les ordres qui lui avaient été intimés au nom de la commune en ce qui concernait la détention de la famille royale et l'institution d'un tribunal exceptionnel pour juger les vaincus du 10 août. Mais il restait une question qui, malgré la condescendance ou plutôt l'humilité des représentants du peuple, entretenait les colères des dictateurs de l'Hôtel de Ville : c'était celle de la réorganisation du conseil de département.
Aux termes du décret du 13 août, chacune des quarante-huit sections parisiennes et chacun des seize cantons ruraux étaient appelés à élire un membre de ce conseil. Les nouveaux administrateurs devaient prendre possession de leui'S fonctions aussitôt qu'ils seraient au nombre de vini2:t.
Presque tous les cantons ruraux se hâtèrent de choisir leurs représentants; mais, obéissant sans doute à des instructions secrètes envoyées par la comnjune, les sec-
avait été opérée par la garde nationale de Paris et applaudie par la population entière de la capitale !
tiens parisiennes s'abstinrent de procéder à ces iiomitiations. Les administrateurs élus se déterminèrent à aller exposer à TAssemblée la situation déplorable qui leur était faite. Ils étaient nommés et ne pouvaient se faifê installer dans leurs fonctions faute d*un nombre suflisant (le collègues. La mauvaise volonté était trop manifeste; les injonctions de la commission ex.traordinaire furent trop péremptoires pour qu'un pareil scandale pût longtemps encore se continuer*.
Le 21 août, quelques sections s'étant déterminées à olx'ir à la loi, le conseil de département put enfin se constituer -. Des le lendemain au matin, les membres élus se i^endent en corps à TAsscmblée législative pour
4. Pendant lout ce temps, les débris de l'ancien directoire de déparlement avaient continué de siéger, mais ne s'étaient occupés que (les atraircs ur<;entes, relatives aux autres communes du département; quant à la capitale, les dictateurs de THôtel de Ville y avaient njis bon ordre. Dès le M, de leur autorité privée, ils avaient pris un arrêté par lequel ils déclaraient que les pouvoirs du département étjient suspendus pour tout ce qui concernait la ville de Paris. Le departemt'nl s'était exactement conformé à celte injonction.
Les délibérations du directoire de Paris, dans la période du 41 au 31 août, sont sijrnées jKir MM. Dumon, Levcillard, Gouniou, de Ju<>ieu, de Faucompret. Hœderer, resté nominalement procureurjréiiéral-syndio, est, à partir du 14 août, remplacé par Gouniou, son sup[)léant; il était ol)lij;e de se cacher, étant très-violemment alta- (|iié pur les vainqueurs à raison de sa conduite dans la matinée da
10 août.
i. Le directoire, élu le 21 août, fut composé de MM. Régnier, Conrriaud, Larhevardière, Leblanc, Colin, Piqucnard, Salmon, Duboi^s #1 Monioro, tous indi\i(lus qui éUiient et qui restèrent parfaitement in'ririnus, à Texception du dernier, prand ami de Chaumette et d'Hél,ïfL et dont le nom reviendra plus dune fois dans le cours de notre