LIVRE X
lui offrir rbommage de leur respect et lui déclarer qu'ils sont prêts à remplir les fonctions qui leur sont attribuées par la loi; Torateur prend soin de les détailler, justement parce qu'elles leur avaient été contestées*. La commune avait, en effet, eu l'audace de faire placarder la veille un arrêté dans lequel elle déclarait « que, pour assurer le salut public et la liberté, elle avait besoin de tout le pouvoir que le peuple lui avait délégué, au moment où il avait été forcé de reprendre l'exercice de ses droits. » « Une double représentation populaire, » y lisait-on, « l'une sous le nom de conseil de la commune, l'autre sous le nom de conseil de département, ne peut servir qu'à diviser les citoyens et à rallier les ennemis de la liberté, qui déjà commencent à renouer leurs criminelles intrigues; l'ouvrage de la nouvelle régénération ne peut être achevé que par les moyens qui l'ont commencé. »
On conçoit facilement la colère qui s'empara de la commune lorsqu'elle apprit la levée de boucliers que les administrateurs départementaux venaient de faire à la salle du Manège. Aussitôt elle mande dans son sein les magistrats qui ont osé faire acte d'indépendance. L'habitude était si bien prise, même par les autorités su|)é-
récit. Le nouveau procureur-général-syndic était un sieur Berthelot, aussi inconnu que ses collègues.
4. Voici, d'après le discours môme de l'orateur, les attributions dont le conseil général se reconnaissait investi :
«r Répartition des contributions, exécution des travaux publics, surveillance de toutes les propriétés mobilières et immobilières appartenant à l'État, séquestre et vente des biens d'émigrés, encouragements à lagricalture et à Tindustrio, promulgation des lois, d
rieures, d'obéir aux moindres ordres des dictateurs de r Hôtel de Ville, que les nouveaux élus se rendent aussitôt à cette étrange injonction. Accueillis par les huées des tribunes, ils essayent de présenter de timides justifications, mais ils sont sévèrement admonestés par le président et le procureur syndic. Bien plus, on leur fait jurer, séance tenante, qu'ils abdiqueront les fonctions dont ils viennent de prendre possession, et qu'ils n'accepteront d'autre titre que celui de commissaires des contributions. Le serment prêté, on les expédie à l'Assemblée, sous la conduite et sous la garde d'une députation, à la tête de laquelle se trouve naturellement l'orateur des grandes occasions, Robespierre,
Celui-ci paraît à la barre de la Législative comme un dictateur triomphant. Ne traîne-t-il pas derrière lui, timides et obéissants, ceux-là njemes que l'Assemblée a prétendu imposer à la coninjune comme ses supérieurs hiérarchiques? N'est-il pas habitué à voir convertir en décrets les volontés qu'il intime à l'Assemblée?
« Législateurs, dit-il, vous voyez une députation composée d'une partie des membres de la comniune et d'une partie des membres nommés par les sections pour remplacer ce qu'on appelait le dé[)artement. Déjà nous avions (lé[)Osé dans votre sein nos inquiétudes sur la formation d'un nouveau département, déjà nous croyions voir renaître les germes de division et d'aristocratie. Nous avons éclairé nos commettimls. Ces nuages se sont dissipés d'eux-mêmes. Les membres nommés par les sections se sont présentés à la commune; ils ont juré de n'accepter d'autre titre que celui de conunission des