‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 70 sur 262 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

ports seront délivrés aux citoyens, conformément aux lois antérieures au 10 août;

li"" Les municipalités sont autorisées à désarmer tous les suspects et à distribuer leurs armes aux défenseurs de la patrie et de l'égalité;

5"* Tout citoyen chez lequel seront trouvées des armes non déclarées sera réputé suspect, et ses armes seront confisquées.

Dans la rédaction de ce décret, on avait eu grand soin de déguiser le but véritable que l'on se proposait. Ainsi, on ne parlait que de l'arrestation des citoyens chez lesquels on trouverait des armes non déclarées, et oui, par ce fait, pourraient être supposés avoir de mauvaises intentions. On ne prononçait le mot de visites domiciliaires que pour dire qu'elles ne devaient pas avoir d'autre but que de constater la quantité de munitions et le nombre d'armes et de moyens de transport dont on pouvait disposer. On faisait surtout luire l'espérance qu'aussitôt les visites terminées, les relations entre la capitale et les départements seraient débarrassées de toute entrave; enfin, pour mieux dissimuler l'origine de ce projet, né dans les conciliabules de l'Hôtel de Ville, on en étendait l'application à toutes les communes de France.

L'Assemblée se figure que toutes ces mesures ont été concertées entre les chefs de la majorité et les divers ministres. Sans renvoi à la commission extraordinaire, sans discussion, de confiance, elle vote le fatal décret. Danton en presse l'expédition et, triomphant, court le porter lui-mome au conseil général de la commune.

la^ HISTOIRE DE LA TERREUR.

Danton avait pleinement rempli ses promesses, et môme surpassé les espérances de ses amis de THôtel do Ville. Il avait fait accepter à ses collègues une proposition presque inoffensive, puis, sous leur nom, enlevé à TAsserablée le vote d'un décret qui approuvait en principe les violences que médilait la commune. Celle-ci, aussitôt le décret rendu, aggrave, par un arrêté spécial, toutes les dispositions déjà exorbitantes arrachées k rinattention de l'Assemblée et laisse à ses agents le soin d'outre-passer les instructions qu'elle leur donne publiquement. Le décret avait été voté dans la nuit du 28 août. Dans la matinée du 29, l'arrêté municipal est affiché, le comité de surveillance transmet ses derniers ordres aux. quarante-huit sections, elle jour même, à quatre heures du soir, commence l'exécution des formidables mesuréesprises par la commune pour ne laisser échapper aucuir:^ de ses ennemis.

Dans tous les quartiers en même temps les tambour""^ battent le rappel. Les habitants sont prévenus qui doivent rentrer immédiatement chez eux. Les boutiqui sont fermées, les portes sont closes. Des corps de gai improvisés s'établissent à tous les coins de rue ; des b; teaux-pataches surveillent le haut et le bas de la rivièri on met garnison dans tous les établissements qui trouvent sur la Seine et jusque dans les bateaux

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