‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 75 sur 262 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

lion pure qu'un homme éprouve quand il a rempli son devoir. »

Le président adresse aux pétitionnaires de chaleureux remerciements sur leur patriotisme :

« L'Assemblée, dit-il, a une confiance entière dans le bon esprit des sections de Paris. Elle se fera un devoir de défendre constamment les droits et les intérêts du peuple, et de lui désigner ceux qui tenteraient de l'égarer... Les premiers moments d'une révolution sont toujours orageux; mais, dès que les secousses en sont terminées, la loi doit reprendre son empire*. »

Sur la demande de Lecointre-Puvraveau, l'adresse de la section des Lombards est renvoyée à la commission extraordinaire, et, une heure après, Vergniaud vient, au nom de cette même commission, non répondre à cette pétition, — elle était d'une date trop récente pour cela, — mais à celle que Robespierre avait si insolemment présentée trois jours auparavant au nom de la commune elle-même.

Le rapport de Vergniaud est aussi sévère que laconique; on pressent, en l'entendant, que la commission extraordinaire retient à peine la foudre dont elle se Ipropose de frapper bientôt l'audacieuse rivale de l'Assemblée.

u Vous nous avez renvoyé une pétition présentée par la municipalité provisoire de Paris. La commission a

4. Cet incident si important de la lutte entre la commune et TAssemblée est complètement omis par le Moniteur. Nous Tavons retrouvé dans le Journal des Débats et Décrets, p. 131-132, n" 336, séance du 29 août, onze heures du matin.

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pensé qu'il fallait s'en tenir aux principes, et, en conséquence, elle vous propose le projet de décret suivant :

« L'Assemblée, considérant qu'il n'appar^iept qp'à la Convention nationale de changer l'ordre des pouvoirs établis par la constitution, décrète qu'il n'y a lieu à délibérer sur la demande des représentants provisoires de la commune de Paris. »

L'Assemblée adopte sans discussion le rapport et le décret.

Que faisaient cependant les dictateurs de l'Hôtel de Ville tandis qu'on recevait avec dédaiq leurs pétitions et que l'on affectait de leur rappeler ce titre précaire de « représentants provisoires, » qu'ils avaient effacé de leurs actes, comme ils eussent voulu l'effacer du soqveoir de tous leurs adversaires? Ils se déclaraient inviolables au nom du salut de la patrie! Voici, en effet, la répopse que la commune fit le jour même (29 août) à Lelièvre et à Vergniaud, réponse dont elle ordonna l'impression et l'envoi aux quarante-huit sections.

« Le Conseil général, considérant que les ennemis de la patrie s'agitent dans tous les sens pour diviser entre eux les citoyens dont l'union intime fait la plus grande force ; \>^

« Considérant qu'il fout déjouer les projets coupabj|^? de ces hommes, qui veulent renverser la liberté à quelque prix que ce soit;

« Considérant qu'il est du devoir de ceux qui, 1^ 10 août, ont sauvé la chose publique par leur fermet^3 et leur courage, de détromper encore ceux de leur^ concitoyens qui ix)urraient être égarés ;

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