LIVRE X
« Législateurs,
<c Les représentants de la commune se présentent auo\M rcriuii devant vous avec confiance. Ils ont été calomlic^s. ils ont été jugés sans être entendus; ils viennent réclamer justice et vous dire la vérité tout entière.
« Envoyés par le peuple, dans la nuit du 9 au 10 août, p(>\ir sauver la chose publique, pour renverser la tête allière du despotisme (jui , fort de queUfue succès, croyait pouvoir de nouveau réasservir le peuple français, ils ont du faire ce qu'ils ont fait. Lk mal était grand, le REMÈDE DEVAIT ÊTKE EXTRÊME, le peuple u'avait pas liniiu» leurs pouvoirs; il ne les avait pas circonscrits dans des limites étroites, il leur avait dit : Allez, sauveznous ; tout ce que vous ferez, nous l'approuverons.
^^ Dans cette nuit mémorable, oii le maire de Paris fioit retenu en otage au château des Tuileries, oit le corps ^^gislatif était menacé, oii des hordes mercenaires étaient ^^^niesdans cette nouvelle Bastille pour égorger les amis ^'e la liberté, nous, réunis dans la maison commune, f^om préparions en silence la mine qui devait. détruire ^Oiis les projets contre-révolutionnaires; à minuit, vingt-
^re de Taudacieuse commune. Nous indiquons par des italiques '^ passages principaux qui ont été omis dans la version presque identique du Monileur, p. 1043, et du Journal des Débats et Décrets, P- 184 du D<> 338.
On remarquera que les phrases les plus violentes ont été atténuées ^ supprimées par ces journaux. La version du Moniteur commence Pw ces mois : Le$ représentants provisoires de la commune de ^^Txt. Dans l'adresse placardée, la commune s'afDrme elle-même et ^ace soigneusement le mot provisoires qui l'offusque.
Mi HISTOIRE DE LA TERREUR.
sept sections^, c'est-ù-dire la majorité de la commune, araieni déjà envoyé des commissaires avec pleins pouiH}irs de sauver la chose publique; c'est de là que nous dirigions les légions citoyennes pour environner et protéger le lieu de vos séances. Nous vous le demandons, le corps législatif n'a-t-il pas toujours ét^ respecté? et, nous devons lo dire, cetie enceinte ne fut, dans ces moments orajs^nix, souillée (^ue par la présence du digne descendant de Louis XI et de la rivale des Médicis.
« Si Louis XVI et sii famille respirent encore, ils ne doivent ce bienfait qu'à la générosité du peuple et au i'es|)ect qu'il porte à Tasile que ces scélérats fugitifs avaient choisi.
u Législateurs, vous avez applaudi vous-mêmes aux mesuivs que nous avons prises... »
Ici Tallien est interixunpu jwr le président, qui vient dej^i^voir un avis im|)ortant du commandant du poste dos Feuillants : « Un rassemblement s'est formé aux |)orles de la salle ! Li ganle va être forcée ! »> Quel étrange commentaire aux pn^mières paroles de Porateur de la commune! LWssemblée n^plique bravement à I menacée |>iir un oixliv du jour, motivé sur ce que « peuple est inca|xible île violer Teni^inte où les législa — teui's discutent en son nom -. >>
I. Ce paiisai^* si in»fK>rlimî. où U commune reconnaît elle-iDèir»^ que, dansi la nuit du 9 au 10 août, vinjîl-ïîept sections seulement élaieri' fvprvsenlet»s d hïs la rounion do:* commissaires, eonôrme d'une m** nièn* fonneîle H i tico n lesta ble ce qui» nous avons dit de celle réuni cHi daiK m>tiv deuxième \oIume.
J. Celte intenenlioa violence de la foui* que le bruit de ^
Ce grave ÎDcident vidé, Tallien reprend le réquisitoire, dans lequel le rédacteur, Robespierre, avait mêlé, avec t*art qui lui était propre, les récriminations les plus acrimonieuses, les menaces les plus violentes, les perfidies les mieux calculées, et avait su rendre l'Assemblée solidaire de toutes les mesures tyranni({ueH auxquelles la commune s'était livrée depuis trois semaines.
n Vous avez partagé nos trop justes ressentiments ; ooire énergie, nous osons le dire, a électrisé ceux d'entre vous que le modérantisme ou l'influence de la liste civile avaient plongés dans un état de torpeur qui depuis longtemps excitait la sollicitude des vrais amis de la liberté. Vous êtes remontés par nous et avec nous à la hauteur <lui convient aux représentants d'un peuple qui veut demeurer libre.
« Vous avez reçu nos communications fraternelles; vingt fois vous nous avez entendus à cette barre, vous i^ous avez vous-mêmes qualifiés du titre auguste de ^^présentants de la commune. Vous avez décrété que ïK>us correspondrions directement avec vous. Vous ne doutiez donc pas alors de l'authenticité de ces pouvoirs ^ont vous nous demandez aujourd'hui de justifier.
« Le pouvoir exécutif provisoire a aussi reconnu l'au- ^rité dont nous avaient investis îios commettants. H nous « consultés dans diverses circonstances.
^ Ha, ainsi que vous, approuvé la destitution de ce
<^^rcbe des municipaux avait amassée aux abords de l'Assemblée, ^'«t point indiquée dans le Moniteur. Nous n'en trouvons la (race que dans le Journal des Débats et Décrets.
\n HISTOIRE DE LA TERREUR. .
déparlement contre-révolutionnaire , de ces juges de paîjindif/nes de ce beau nom, qii' ils profanèrent pendant trop UmgtempSy de cette municipalité feuillantine qui^ la première, avait déployé le fatal drapeuu rouge contre des citoyens réunis paisiblement et exerçant un des droits les plus sacrés garantis par la Constitution.
u Enfin, tout ce que nous avons fait, le peuple Ta sanctionné. Ce ne sont pas ici quelques individus pris isolément, c*est un million de citoyens qui émettent leiir vœu. Interrogez-les, et partout vous entendrez ces mots: Ils oxt sauvé l\ patrie.
u IVous sommes loin sans doute d'approuver les écarU (jfu'ont pu se permettre quelques-uns de nos collègues dans les missions particulières qui leur ont été confiées; nous demandons, au nom de la commune, qu'ils soient punis s'il y a contre eu\ quelque accusation fondée; naaisnous protestons ici qu'il n'est émané de nous aucun ordi^ attentatoire à la liberté ou à la propriété d'un bon citoyen.
« Oui, et nous nous en faisons gloire, nous avonsî séquestré les biens des émigrés, et nous avons fait em cela ce que de[)uis plus de six mois vous aviez ordonné au directoire du département de Paris de faire. Nousavons fait évacuer les maisons religieuses, et en cela nous croyons avoir rendu un grand service à la patrie» car, parce moyen, la nation va à l'instant devenir pro-^ priétaire de 100 millions de domaines nationaux.
(( Nous nous sommes assurés des personnes des contre -^ révolutionnaires, nous les avons enfermés dans les pri^ — sons qu'ils nous destinaient, si leurs complots affreu^^