‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 91 sur 262 · Livre xi · texte numérisé non relu

Livre xi

sitd pas 1 a II faut faire peur aux royalistes , » avait-il dit, et pour ce résultat il dévoua froidement à la mort plus d'uD millier de victimes. Ou trouve sa main partout ; c'est à lui qu'on vient demander les ordres et qu'aboutissent toutes les informations; il a ses hommes à lui dans le sein du conseil général de la commune, du comité de surveillance, dans les simulacres de tribunaux institués au greffe des prisons; il sait à quoi s'en tenir sur le dévouement et la solidité de tous ces scribes du ruisseau qui sont à sa dévotion ; à chacun il assigne le rôle auquel il est propre, à chacun il donne ses instructions secrè'tes; il marque d'une croix, sur les listes qu'il se fait apporter, les noms des victimes qu'il faut sacrifier, et laisse le reste à la discrétion de ses complices. De minimis non curât prœtor.

Au 2 septembre, comme au 10 août, Robespierre se tient à moitié dans l'ombre. La veille au soir, il avait lancé le trait du Parthe contre ses ennemis particuliers, les Girondins, en les dénonçant comme les complices de Brunswick. Les mandats d'arrestation lancés contre Roland, Brissot et trente autres députés, au moment même où l'on commençait à égorger dans les prisons, firent assez voir que la dénonciation avait porté. Plus lard, il est vi^ai , Robes[)ierrp déclara qu'il avait maudit les journées de septembre; mais qu'avait-il fait pour les empêcher lui, l'homme populaire parexcellence, le tribun qui venait chaque jour intimer ses ordres à l'Assemblée léirislative, l'idole du club des Jacobins et du conseil général de la commune?

Comment faire la part de la responsabilité qui pèse

I9d UISTOIRti DE LA TERREUR.

sur chacun de ces deux hommes? Nous laissons ce soin à quelqu'un qui ne saurait être suspect aux partisans des idées ultra-révolutionnaires.

(( Entre Danton» dit M. Louis Blanc, concourant aux massacres parce qu'il les approuve, et Robespierre, ne Icsempôcbant pas, quoiqu'il les déplore, je n'hésite pas à déclarer que le plus coupable, c'est Robespierre. ^ »

Manuel, procureur-syndic, Hébert et Billaud-Yarenoes, les deux substituts que la commune insurrectionnelle lui avait donnés, étaient au fait de tout parce que tout leur passait par les mains. Manuel visitait les prisons la veille et le jour même des massacres ; Hébert présidait aux tueries de la Force, et Billaud-Varennes à celles de TAbbaye. Ce fut ce dernier qui régla le salaire des travailleurs, c*est-à-dire des égorgeurs.

Fabre d'Êglantine et Camille Desmoulins étaient les amis, les confidents, les commensaux de Danton; Us furent ses complices. Fabre d'Eglantine faisait partir, sous le couvert du ministre de la justice, la circulaire que le comité de surveillance adressait à toutes les municipalités de France pour les engager à imiter l'exemple qu'on venait de leur donner à Paris. Camille Desmoulins pienait une part active aux conciliabules de la place Vendôme, dans lesquels Danton donnait le mot d'ordre aux journalistes adulés, afin (ju'ils eussent à justifier, à préconiser les inesuirs de rigueur prises contre les prisonniers.

Quant a Panis, à Sergent ^ et aux autres membres du

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