‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 94 sur 262 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

ce mot d'ordre qu'il comptait exploiter plus lard : « Avant de voler aux frontières, il faut être sûr de ne laisser derrière soi aucun traître» aucun conspirateur^, n

Non contents de toutes les captures qu'ils avaient faites au moyen des visites domiciliaires, les émissaires de la commune établissaient leurs tables de proscription sur les listes des pétitions des huit mille et des vingt mille ; ils étaient allés en réclamer les originaux à l'Assemblée l^islative, ils en opéraient le dépouillement par sections dans la salle même des Jacobins, qu'on leur avait généreusement prêtée pour cette œuvre d'inquisition pa- Uîolique^. L'ami de Danton, l'imprimeur de la liberté, <x>iQme il s'intitulait lui-même, Momoro, mit ses presses ^ l«i disposition des proscripteurs qui , de leur autorité privée, y inscrivirent, à titre de suspects , tous ceux qui étaient, à tort ou à raison, soupçonnés d'avoir fait partie ^^ club monarchique de la Sainte-Chapelle ou du club ^Institutionnel des Feuillants. Ces listes, imprimées et '^"Visées par sections, furent répandues à profusion et aflB-

^ • Journal du Club des Jacobins, n** cclv. %. Procès-verbaux de la commune :

'Séatice du 24 août. — a Sur un arrêté de la section de POratoire, ^ ^^onseil arrête que les deux membres qui iront à T Assemblée natio- "^le y demanderont les pétitions qui ont été faites contre la journée ^ SO juin et en faveur de M. de La Fayette. »

^ance du 29 août, — « La section des Sans-Culottes se présente

^^ conseil pour demander un local où les députés des sections nommés

iuK puissent se réunir pour constater les signatures des vingt millo.

applaudit à leur zèle et on leur accorde la salle de la Société fra-

^^utelle, aux Jacobins, avec invitation à la Société des Jacobins de

"Vouloir bien accéder à cette mesure, »

cbées aux portes mêmes des maisons que les iodividus désignés habitaient^.

Le décret du 30 août qui cassait la commune insurrectionnelle vint un instant arrêter le comité de surveil-

4. A propos de ces listes de proscriplioD que Fod affichait lax portes mêmes des suspects , nous donnons une lettre qui prouve que ies gardes nationaux, dont les tergiversations et l'indifférence avaieat amené les catastrophes du 20 juin et du 40 août, ne trouvaient pis grâce devant les proscripteurs. Elle est de ce commandant de bataifloo de Sainte-Marguerite, Bonnaud, dont nous avons déjà, dans notre V volume, p. 222, donné une autre lettre dans laquelle se refiéte admirablement le caractère du bourgeois indécis qui veut être bien avec tous les partis, et qui prend ses précautions en condé^ quence. On voit que Bonnaud y réussit fort mal. Comme bien d'iatm» il dut comprendre trop tard qu'il n'y a jamais rien de bon à itteodrie de la démagogie, quand bien même on a cherché à pactiser avac elle et qu'on lui a sacriûé ses convictions et sa conscience.

Voici la lettre qu'il adressait, le 4*' septembre, au présideot dl^ l'Assemblée législative ( nous en respectons le style et l'orthographe) '

« M. le Président,

« J'ai l'honneur de vous observer que le sieur Momoro, présida^^* la section des Cordeliers, dite de Marseille, vient de faire imprim^^' au Cercle social, rue du Théâtre-Français, n*" 4, la liste des électeu. ^" qui s'assemblaient à la Sainte-Chapelle, dans laquelle il a inséré et fap-^ insérer mon nom. Cependant, je jure que je n'y ai jamais entré. Cet- ^ c;ilomnie atroce m'a fait perdre la confiance de mon quartier, qu'ui conduite sans reproche m'avait méritée après quarante ans que i demeure, parce que le peuple confond cette liste anonyme avec la c? vile. C'est d'après celle calomnie, contre laquelle j'ai protesté et U imprimer, que la section de la rue de Montreuil, où je demeure, vi^ ^ de faire imprimer et afficher, jusqu'à ma porte, une liste dans laqu^^' elle a mis mon nom sans autre formalité ni information. On m'a fm^^ en conséquence, toutes sortes d'outrafre^, désarmé jusqu'à mon ép-^^ après les avoir commandée Iionorabkmenl depuis le premier jour ^ la révolution jusqu'au 45 de ce mois, que les vexations m'ont forera

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