Noos l'avons raconté dans le livre précédent, p
leur annonçant qu'elle va subir uie dépréciation énorme par suite des contrefaçons. Ils lisent, font lire et commentent une lettre que quelque espion subalterne avait écrite d'Allemagne^, et qu'on avait trouvée éminemment propre à enfiévrer la population parisienne. Parunecèfticidence remarquable , les journaux de toute nuance la reproduisirent les uns après les autres , comme si l'însCTtion en eût été sollicitée, sinon commandée, par des gem ayant pouvoir de l'exiger.
Cette lettre contenait tous les détails d*un plan « adopté pour la direction des forces coalisées contre h France ; elle avait été, disait-on, « reçue d'Allemagne ■ et « provenait d'une main sûre. » Ce n'était qu'an véritable tissu d'absurdités.
On y lisait notamment les phrases suivantes : a Ls roi de Prusse marchera sur Paris qu'on réduira d'abord par la famine; alors aucune considération, pas même celle du danger do la famille royale, ne pourra rien changer à ces dispositions. Arrivés dans Paris, les habitants seront conduits en rase campagne où on en fera le triage, les révolutionnaires seront suppliciés, les autres ( rotte jeté siir leur sort ) . Peut-ôtre suivra-t-on le système de l'empereur de n'épargner que les femmes et les enfants. En cas d'inégalité de forces, brûler les magasins, faire sauter les poudres, mettre le feu aux villes, car les déserts sont préférables à des peuples révoltés (expression des rois ligués). Dans tous les cas,
1. Nous avons retrouvé aux archives du ministère de la guerre l'original de cette lettre anonyme; elle ne porte aucune signature et n'a aucun caractère ofTicicI.
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