‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. cinquièmeChapitre 43 sur 272 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

tobre. Le capitaine de pavillon de l'amiral, M. du Chaila, fut envoyé dans un canot avec une proclamation invitant les habitants à se réunir à la France. Mais à peine le canot eut-il touché le rivage, qu'une décharge à bout portant tua trois officiels, Isnard et Pélissier, enseignes, Henri d'Auberiuesuil, aide de camp de l'amiral , blessa 5 soldats et le capitaine parlementaire lui-même. Truguet bombarda immédiatement la ville, et, le lendemain, fit débarquer ses troupes et ses équipages. L'ennemi s'enfuit. Onetlie paya par l'incendie et le pillage la perfidie dont la garnison s'était rendue coupable; mais le commandant des troupes débarquées s'élanl convaincu de l'impossibilité de se maintenir dans la place, rentra à Villefranche trois jours après.

Cette expédition n'était qu'une préparation à des entreprises plus importantes et plus lointaines. Dès le commencement d'octobre, quelques réfugiés de l'ile de Sardaigne ayant assuré au ministre de la marine que cette ile était disposée k se soulever, le Conseil exécutif avait donné au contre-amiral Truguet et au général Anselme l'ordre d'en tenter la conquête. Toutes les forces disponibles de la Corse avaient été mises à leur disposition. Arena, ancien député de cette dernière île à l'Assemblée législative, non réélu à la Convention, avait été chargé d'accompagner l'expédition comme commissaire du pouvoir exécutif.

Mais à peine était-il arrivé à Nice, qu'il concerta avec Anselme de bien plus vastes projets. Jl ne s'agissait de rien moins que de conquérir l'Italie tout entière. On devait commencer par Rome, remonter vers

HISTOIRE DE LA TERRE t] R.

le Milanais, et prendre ainsi à revers les Piémontais et les Autrichiens1.

Ce plan, quelque peu gigantesque, fat fort goûté à Paris. Seulement il fallait un prétexte pour envahir les États-Romains et chercher à se venger sur la cour pontificale des embarras inextricables que les ullra-révolulionnaires s'étaient eux-mêmes attirés en bouleversant l'organisation de la religion catholique, en égorgeant ses ministres, en surexcitant toutes les passions religieuses des populations de l'ouest et du midi. Ce pré-

1, Ce plan est développé dans une lettre confidentielle que nous avons retrouvée, elle est adressée par Arena à son ancien collègue Drîssot, qui dirigeait alors le comité diplomatique de la Convention comme il avait dirigé celui de la Législative:

« Arma, commissaire du gouvernement, au citoyen Brissol, député à la Convention nationale.

« Nice, 2<l octobre 1792.

« L'expédition de la Sardaigne, citoyen, ne peut avoir lieu dans ce moment.

a Anselme pense que In République doit envoyer une armée à Rome pour disperser la cour qui nous fait une guerre bien plus dangereuse que celle des Prussiens et des Autrichiens.

« Délivrer les Romains, passer dans le Milanais, dans la Lombardie, revenir dans le Piémont pour assiéger les places fortes du roi de Sardaigne, voilà le plan qu'Anselme a conçu, et que je viens d'envoyer au citoyen Lebrun.

« Anselme jouit de l'estime publique, il so donne toutes les peines pour foire aimer la Révolution, et le conseil exécutif devrait prêter les mains à son projet.

« Voyez le minisire de la marine afin qu'il donne les ordres au contre-amiral Trugucl de soutenir les opérations d'Anselme dans la Méditerranée.

« Anselme est lieutenant général, et Truguct n'est que maréchal de

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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