VI I
« Nommer dans chaque section six commissaires, moins ora- « teurs qu'excellents citoyens, qui, par leur réunion, formeraient « un point central à l'Hôtel de Ville;
« Que les fonctions de ces commissaires seraient de s'entendre « avec la municipalité sur les moyens d'entretenir le calme et « la tranquillité, sans pouvoir, cependant, s'immiscer d'aucune « manière dans les fonctions municipales;
« Que l'objet principal de leur mission serait de communi- « quer, lors de la réunion des commissaires au point central, n les arrêtés de leurs sections respectives et d'en poursuivre h l'exécution auprès de la municipalité ;
« Ils devront encore choisir parmi eux des commissaires « pour assister aux séances des corps administratifs, dont la « publicité est ordonnée par décret du Corps législatif.
« Arrête, en outre, que des instructions seront imprimées « pour développer les avantages de ces propositions. »
Séance dit 9 août 1792.
« Les Gravilliers, Mon treuil, les Quinze- Vingts, Bonne-Nouvelle, les Innocents, les Gobelins, les Tuileries, envoient des commissaires pour faire part à la section qu'ils sont tous debout, qu'à minuit le souverain se lève pour reconquérir ses droits.
« L'assemblée générale, composée de plus de dettx 'mille citoyens qui expriment unanimement le même vœu \ ordonne au président de déclarer en son nom que telle est aussi leur volonté et qu'à minuit ils se réuniront tons ensemble.
« La députation des Quinze-Vingts annonce que trente seclions leur ont fait savoir qu'à minuit le tocsin et la générale battraient, et que tous les citoyens se réunissaient déjà en armes.
« M. Lhuilier a proposé différentes mesures pour entretenir l'accord et l'union entre tous les citoyens, pour les préserver
1 . 11 n'y avait dans la section Mauconseil que dix-sept cents citoyens actifs ; si l'assemblée générale se composait le 9 août de deux mille citoyens, c'est quïl y en avait un très-grand nombre qui étaient étrangers à la section ou n'avaient pas droit de voter.
des embûches que pourraient nous tendre nos ennemis pour nous diviser.
« Il a demandé que, sur-le-champ, trois commissaires fussent choisis pour aller à la maison commune pour aviser aux moyens de sûreté et aux mesures générales ; que trois personnes aillent avec eux à la commune pour reporter successivement les nouvelles de la commune à la section et entretenir toujours la communication la plus active entre les extrémités et le centre ; que des commissaires se répandent dans toutes les sections pour leur faire part de ces dispositions et les inviter à prendre les mêmes mesures.
« L'assemblée a adopté à l'unanimité toutes ces dispositions et a nommé pour commissaires à la ville MM. Lhuilïer, Gomé et Bonhomme, avec pouvoir de tout disposer pour le salut public.
<i Les citoyens vont successivement s'armer et se rassemblent couverts de toutes armes. — Minuit sonne.
« Toute l'assemblée demande de faire rassembler les citoyens au son de la caisse et que la cloche d'alarme soit ébranlée.
« M. Lhuilier approuve cette proposition et demande que le signal du combat à mort de l'esclavage et de la tyrannie soît donné, qu'il faut que le soleil, avant le milieu de sa course, éclaire la France libre ou la France asservie; il dit : « Veuillez « la liberté, citoyens, levez-vous tous; la tyrannie expirante est « à vos pieds ! »
La suite du procès-verbal, tenu heure par heure, constate les faits suivants :
1° A trois heures, Lhuilier et les autres commissaires invi- ■ tent les sections à envoyer vingt-cinq hommes bien armés à l'Hotel-de-Ville ;
2° A quatre heures et demie, l'on dépèche des canonniers au poste Henri IV, pour inviter les gardes nationaux qui l'occupent à faire tirer le canon d'alarme ;
3" A cinq heures et demie, ces commissaires reviennent et annoncent les dispositions peu favorables des citoyens postés au Pont-iNeuf ; ils disent même que l'on a voulu les retenir en otage;
W A six heures et demie, l'assemblée reçoit l'avis, par la voie
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
NOTES
d'un des commissaires pour la correspondance entre la section et Je point central, que « l'assemblée générale des commissaires, d'après les pouvoirs qu'ils ont tous reçus d'employer tous les moyens pour la sûreté générale, vient de suspendre la municipalité et le conseil général. »