‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 31 sur 237 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

du 20 juin, M. le maréchal Luckner a répondu en ces termes : « Jenenie pas: c'est M. Bureaux de Puzvj celui « qui a été, je crois, (rois fois président de l'Assemblée « nationale. Je lui ai répondu : Monsieur, je ne mènerai « jamais l'armée que je commande que contre les ennemis « du dehors. La Fayette est le maître de faire ce qu'il >• voudra; mais s'il marche sur Paris, moi je marcherai « sur lui, et je le dauberai. M. Bureaux de Puzy me dit « alors : « Mais la vie du roi est en danger! » Voilà ce « qu'il m'a dit, et ils m'ont fait d'autres propositions qui « sont bien plus horribles. »

■ « Telles sont les propres expressions de M. le maréchal Luckner que nous avons entendues et que nous attestons1. »

Aussitôt après la lecture de celte pièce, Girardin demande que Guadet la signe sur le bureau des secrétaires ; ce que lait Guadet, et son exemple est suivi par Brissot, Gensonné, Lamarque, Lasource et Delmas.

La droite, néanmoins, insiste pour que l'on prenne immédiatement une décision sur le rapport de la commispion des douze, sauf à revenir, plus tard et après information, sur le nouveau grief imputé au général ; mais la discussion est brusquement: interrompue par un des officiers de garde, qui vient annoncer au président qu'une masse énorme d'individus se porte vers le château et vers l' Assemblée. On entend sonner le tocsin à Saint-Uoch. °

i. Copié sur l'original même, signé des six députés; les comptes rendus du Journal des Débats et Décrets et du Moniteur présentent quelques variantes.

n , HISTOIRE DE LA T ERREUR.

Au moment même paraît )e dieu qui apaise les tempêtes, le maire Pétion *.

« On a craint un mouvement, dit-il ; je suis intervenu, tout est calme. Plusieurs citoyens, il est vrai, voulaient entrer au jardin des Tuileries ; je m'y suis opposé, ils ont obéi. »

Les tribunes et la gauche font une ovation à Pétion lorsque, refusant les honneurs de la séance qui lui ont été accordés par l'Assemblée, il se retire pour aller « où son devoir l'appelle. » Après son départ, la gauche demande l'ajournement de toute décision à l'égard du général La Fayette, jusqu'à ce que l'on ait pu éclaircir le fait avancé par Guadet et ses amis.

Dans toute Assemblée nombreuse et agitée, les propositions d'ajournement ont toujours une faveur assurée, parce que les gens faibles et timorés s'y rallient pour n'avoir pas besoin de prendre une décision immédiate; ils ne prévoient pas que les choses vont bien souvent en s'aggravant, et que ce qui était difficile un jour devient impossible le lendemain.

Malgré les énergiques protestations de la droite, l'ajournement est donc accepté par la majorité.

J. Pour cette partie de la séance du 2-1, le compte rendu du Journal des Débats et Décrets est beaucoup plus détaillé que celui du 'Moniteur.

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