‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 46 sur 237 · LIVRE v. m · texte numérisé non relu

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une occasion de passionner le débat et se jette dans ses divagalions habituelles. Ce sera à ses amis à s'emparer de l'incident qu'il va faire naître.

« Tous les décrets de l'Assemblée, s'écrie-t-il, ne peuvent étouffer l'opinion publique. S'il est prouvé à la nation que le Corps législatif ne trouve point dans la constitution assez de pouvoir pour agir, nulle puissance ne pourra l'empêcher de se sauver elle-même. Quand bien même le pouvoir exécutif sortirait blanc comme neige de cette discussion, le peuple français aura toujours le droit incontestable de changer-sa constitution... » A ces mots la droite se soulève, demande, exige le rappel à l'ordre du député qui « viole le serment qu'il a prêté. »

Le président, La fond-La débat , prononce le rappel, mais aussitôt Choudieu s'élance à la tribune, demande ou plutôt prend la parole, accuse le président d'avoir méconnu la souveraineté du peuple français, consacrée par la constitution. Se tournant vers la droite, il s'écrie : « Je prie mes adversaires de faire silence et de m'écouterl Voici les propres termes de la constitution : « L'Assemblée constituante déclare que la nation a le « droit imprescriptible de changer sa constitution. » Je dis qu'il n'est plus de constitution, qu'il n'y a plus de principes sacrés, si vous n'arrêtez l'audace de vos présidents... Je demande donc que le président soit rappelé à l'ordre et à ce qu'il doit à la majesté de la nation. »

La gironde fait cause commune avec la montagne. Isnard insiste pour qu'un blâme solennel « vienne rassurer le peuple sur sa souveraineté. » Lacroix invite

iU HISTOIRE DE LA TERREUR.

Lafond-Ladebat à réparer lui-même sa propre faute. Mais celui-ci n'accepte pas la générosité de Lacroix, il fait lire la constitution par l'un dessecrélaires. « Point de chancelier! justifiez-vous vous-même! » lui crie-t-on. Le président lit l'article sur la révision et déclare que, dans son opinion, en rappelant Chabot à Tordre, il ne s'est point écarté du pacte fondamental ; mais que, comme son opinion ne peut faire loi, il va consulter l'Assemblée pour savoir si elle la partage. On lui crie à gauche de quitter le fauteuil ; Lafond-Ladebat en descend. Un des ex-présidents, Aubcrt-Dubayet, l'y remplace et consulte l'Assemblée. Celle-ci déclare que son président sera rappelé à l'ordre.

Ainsi se termina cette scène presque unique dans les fastes parlementaires. La majorité abaissa la dignité présidentielle devant cet ignoble et impudent personnage qu'on appelait Chabot ; la montagne reconnut une fois de plus qu'à force d'insistance, de bruit et de clameurs, elle réussirait à imposer, à l'Assemblée ses volontés turbulentes.

Poussés, pressés, harcelés par la montagne, les girondins sentirent qu'ifs ne pouvaient pas rester longtemps encore dans l'expectative. Ils. se distribuèrent les rôles : Guadet se chargea des menaces, lirissot des avances à faire au pouvoir exécutif.

Le 26, Guadet vint, au nom de la commission extraordinaire, présenter un projet d'adresse au roi. C'était une

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