Moniteur du 28 octobre
2. Les sexagénaires, les femmes et les enfants prirent part à ta
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
La démolition devait commencer par les maisons de la place Belîecour, « car ce sont celles, avait dit Couthon, qui annoncent le plus de faste et qui offensent le plus la sévérité des mœurs républicaines ». En effet le 26 octobre, à S heures du matin, Châteauneuf-Randon, Laporte et Maignet se réunissent pour inaugurer solennellement ces; scènes de vandalisme. Six cents ouvriers, armés de pioches, marteaux, haches et autres instruments de destruction, les attendaient sur la place Bellecour. Le paralytique Cou thon présidait la cérémonie, porté dans un fauteuil- Il frappa lui-même le premier coup de marteau, sur la plus belle maison, en prononçant cette courte et significative allocution : « Au nom de la souveraineté du peuple, outragée dans celte ville, en exécution du décret de la Convention nationale et de nos arrêtés, nous frappons de mort, ces habitations du crime, dont la royale magnificence insultait à la misère du peuple et à la simplicité des mœurs républicaines. Puisse cet exemple terrible effrayer les générations futures et apprendre à l'univers que, si la nation française, toujours grande et juste; sait honorer et récompenser la vertu, elle sait aussi abhorrer le crime et punir les rebelles! Vive la République! » La foule répète ce cri et les ouvriers commencent leur triste besogne.
De la place Bellecour, les représentants se transportent au châleau de Pierre-Scize. Ils mettent en liberté les quelques prisonnière qui s'y trouvent et, montant sur le
destruction. — L'ouvrier valide était payé (rois francs par jour, les vieillards recevaient trente-cinq sols, les femmes trente sols, les enfants vingt sols. Bientôt la dépense s'éleva à 400,000 livres par décade.