‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 153 sur 308 · LIVRE XLYI · texte numérisé non relu

LIVRE XLYI

geaient seize membres, étrangers pour la plupart au service militaire.

Au lieu des secours qu'on lui avait promis, le général en chef reçut la nouvelle de la déroute de Doué et de la perte de Sauraur. Rien ne faisait pressentir ces désastres, les échanges de communications devenant chaque jour de plus en plus rares entre Tours et Niort. Biron s'en plaignit amèrement au Comité de salut public. « Lescausesde nos revers, disait-il, seront éternellement les mêmes, tant qu'on n'y apportera pas de remède: défaut d'organisation, d'instruction, de subordination. Obéir paraît si loin de l'égalité, que personne ne s'en impose le devoir. .... Le métier dégénérai est devenu impossible à l'aire. Je n'ai jamais manqué et je ne manquerai jamais au respect que je dois aux représentants du peuple; maïs mon devoir me commande impérieusement de déclarer que ces commissions se sont multipliées à tel point, qu'elles sont véritablement devenues nuisibles au service de la République. »

Celte lettre était motivée par les empiétements continuels de la commission de Tours. D'ans un nouveau conseil de guerre, tenu en dehors du général en clief, le plan de campagne adopté à Saumur, huit jours auparavant, avait été entièrement modifié.

Jamais décision plus irrégulière n'avait été prise par assemblée plus singulièrement composée. Elle comprenait sept représentants, qui avaient été primitivement envoyés dans différentes directions, pour activer la levée des volontaires, et que le mouvement rétrograde des troupes républicaines avait obligés de se concentrer sur

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les derrières de l'armée. C'étaient Clioudieu, Bodin, Richard, Ruelle, Bourbotte, Delaunay et Taliien : six jurisconsultes et un journaliste. A côté d'eux, siégeaient les deux commissaires du pouvoir exécutif. L'un, Lachevardière, ancien vice-président du Directoire de Paris, homme relativement modéré, tenait ses pouvoirs du conseil des ministres; l'autre était Parein, avocat sans causes, pour le moment chef de bureau au ministère de la guerre et délégué du ministre, dont toute la carrière militaire devait consister dans la présidence des commissions de justice de Saumur et de Lyon. Les généraux se trouvaient en minorité, quatre contre neuf.

Des sept représentants, quatre appartenaient aux départements que menaçait directement (a prise de Saumur. Bodin et Ruelle étaient d'Indre-et-Loire, Clioudieu et Delaunay de Maine-et-Loire. Naturellement ils ne devaient guère hésiter à sacrifier Niort, La Rochelle et le littoral, alors qu'ils espéraient sauvegarder leurs concitoyens, leurs amis, leurs propres biens peut-être, lis avaient en outre des rancunes personnelles à satisfaire. Choudieu, originaire d Angers, se plaignait de ses compatriotes, et aucun d'eux n'avait oublié la froideur de l'accueil qu'ils avaient reçu à Nantes. C'étaient autant de raisons pour abandonner à elles-mêmes des villes où « l'esprit public était tellement gâté, qu'on y parlait hautement de composition avec les brigands ».

Quant aux généraux, leur rapprochement n'était pas moins bizarre. Menou, suspect de royalisme pour avoiressayé de défendre les Tuileries au 10 août, coudoyait dans le conseil San terre, qui avait, dans la même journée,

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