‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 154 sur 308 · LIVRE XLVI · texte numérisé non relu

LIVRE XLVI

commandé l'insurrection triomphante. Duhoux comptait son neveu dans les rangs de l'armée vendéenne et Berihîer, ancien chef d'étal-major de Rochambeau et de Luckner, avait à /emplir la délicate mission de donner une forme régulière aux conceptions stratégiques des représentants et des commissaires.

Choudieu avait apporté lui-même la délibération, afin d'enlever plus facilement le consentement de Biron. Ce dernier répondit en convoquant à son tour une réunion des officiers généraux et des représentants présents à Niort. A ce moment, les troupes de Biron manquaient de vivres et de moyens de transport. Le général n'eut pas de peine à démontrer que, dans ces conditions, il serait imprudent d'abandonner les postes de ravitaillement et de se porter en masse, à la recherche de l'ennemi, vers un point idéal. Il demanda le maintien du plan primitif et le conseil partagea son sentiment.

En notifiant, le 15 juin, cette décision au général Duhoux, à l'ours, Biron expliquait ainsi la pensée qui l'avait inspirée : « Je ne suis pas d'avis, disait-il, que l'armée doive, sans se diviser, s'éloigner des côtes pour agir en masse. Je sais bien que cette disposition paraît généralement désirée et peut permettre des succès brillants ; mais il faut avoir le courage si peu commun de la sacrifier à la véritable utilité... Il ne s'agit pas d'acquérir journellement de la gloire en continuant la guerre... L'avantage d'éteindre huit jours plus tôt la guerre civile est inappréciable. Nous n'en hâterons pas la fin, si nous nous contentons de battre les brigands et de les chasser devant nous, et si nous

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ne parvenons pas à les entourer et à les anéantir. »

La Commission de Tours ne tînt pas plus de compte de cette seconde délibération que de la précédente. La première fois, il n'était question que de sacrifier les villes aux campagnes. Le 25 juin, un troisième conseil de guerre, tenu d'urgence sous prétexte de voler au secours de Nantes, arrête au contraire de porter sur Angers toutes les forces disponibles, en chargeant Bïroo de garder les magasins de Tours. Par extraordinaire, l'élément militaire s'était trouvé le plus nombreux; mais, comme ie 11, les représentants, le général ministre Ronsin, les deux commissaires du pouvoir exécutif Lachevardière et Dumas, avaient délibéré avec les généraux et dicté la décision. Il devenait évident qu'en laissant au général en chef la responsabilité apparente, les représentant entendaient exercer, sous son nom, le commandement effectif. Biron ne s'y trompa pas* Il autorise le mouvement proposé et offre sa démission.

Le Comité de salut public s'émut de ce conflit et trancha d'abord le différend en faveur de Biron. Ce fut même un triomphe sans exemple à cette époque, tant le blâme était énergique et la confiance manifeste.

Dans la matinée du 28 juin, Guy ton et Berlier écrivent à Biron : « La Commission centrale, établie par les représentants du peuple à Tours, s'est écartée de l'instruction décrétée par la Convention nationale, tes officiers généraux de l'armée ont été égarés par les dangers de la ville de Nantes et par le concours des circonstances. L'adjoint du ministre de la guerre, les commissaires ;

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