‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 155 sur 308 · LIVRE XLVI · texte numérisé non relu

LIVRE XLVI

nationaux ont manqué essentiellement à leur devoir. C'est à vous, général, à réparer tant d'erreurs et de fautes. ;

Le soir, le Comité lui-même déclare : 1" que le conseil de guerre a été tenu d'une manière irrégulière et avec une sorte de publicité dangereuse pour l'exécution des meilleures conceptions ; 2e qu'on a eu tort de vouloir influencer le général, en ne lui laissant d'autre liberté que celle d'approuver le projet proposé; 3° que Biron, étant investi delà confiance de la nation, doit diriger sans influence secrète ou publique toutes les opérations militaires. Comme sanction, les représentants étaient invités à rejoindre leur poste à la Convention, et il était enjoint à Bouchotte de rappeler Ronsin et ceux des commissaires nationaux dont !a présence était une occasion de trouble dans la Vendée.

Quarante-huit heures plus tard, les choses avaient changé de face. Choudieu était arrivé à Paris. Il court au Comité de salut public et se fait communiquer la correspondance de Biron. Celui-ci n'y ménageait guère l'ingérence des représentants et l'ineptie des commissaires du pouvoir exécutif. A cette lecture, la colère de Choudieu redouble ; il se récrie, s'indigne, accuse à son tour. Le crime de la commission, c'est d'avoir voulu sauver Nantes; comment appellera-t-on l'inertie de Biron?

Cethèmeétaithabileet le Comitédesalut public prend, à la date du 30 juin, un nouvel arrêté qui, sous prétexte d'expliquer celui du 28, en bouleverse toute l'économie. C'était en réalité un premier arrêt contre Biron, puisque le Comité déclarait que la Commission de Tours s'était proposé non d'entraver, mais d'accélérer l'activité du

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général en chef. Sur un autre point, le succès de Choudieu était plus grand encore. Ronsin et ses acolytes conservaient leurs fonctions, et les pouvoirs des représentants mieux définis leur assuraient une véritable prépondérance.

Biron apprit à Saumtir, où il s'était rendu pour se porter de sa personne au secours de Nantes, qu'il .avait perdu la confiance du Comité de salut public. 11 n'y avait plus qu'à se retirer; et le général l'eût fait sur-lechamp, si la gravité des circonstances ne lui avait pas imposé le devoir de rester à la têle de l'armée. La levée du siège lui rendit sa liberté et, ayant de retourner à Niort, où le rappelait une panique, il envoya d'Angers sa démission motivée sur le mauvais état de sa santé.

Un nouveau grief allait bientôt être relevé contre lui et consommer sa perte. Biron, dans l'intervalle, avait osé faire arrêter à Saint-Maixent, pour insubordination, l'un des favoris du parti montagnard, le fameux Rossignol1, lieutenant-colonel de la 32* division de gendarmerie,

Les faits étaient patents. Rossignol n'avait pas craint de dire, dans le conseil de guerre du 13 juin, que sâ troupe ne marcherait plus, sans être certaine d'être an moins, six contre quatre. Le conseil était indigné, niais les représentants intervinrent et le coupable ne fut pas puni.- Fort de cette faiblesse, Rossignol continua ses propos et ses menées. Il alla même, à la fin du mois, jusqu'à exiger de ses soldats le serment de ne pas obéir

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