‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 164 sur 308 · LIVRE XLVI · texte numérisé non relu

LIVRE XLVI

deux rives de la Vilaine. A ce moment, la fortune de Beysser touche à son apogée. Au mois de juin, il prend part à la défense de Nantes contre les Vendéens et reçoit comme récompense, le lendemain de la mort de Cathelineau, le brevet de général de brigade.

Les Nantais, tout occupés du péril qui menaçait leurs portes, n'avaient guère eu le temps de songer aux événements qui s'étaient accomplis à Paris; mais, les Vendéens repoussés et la sécurité revenue, ils n'hésitèrent pas à adhérer aux résolutions déjà prises par les villes de Rennes, de Brest et de Quimper. Beysser s'associa à la protestation. II suivait alors deux, intrigues ; en province, i) faisait la guerre à la Montagne, et traitait avec elle à Paris. Canclaux, plus honnête, refusa sa signature, et les représentants Gillet, Cavaignac et Merlin (de Douai) s'empressèrent de dénoncer l'arrêté de résistance, avec d'autant plus de vivacité qu'ils avaient eux-mêmes à se faire pardonner une lettre, légèrement empreinte de fédéralisme, qu'ils avaient eu l'imprudence d'adresser, quelque temps auparavant, à la Convention'.

I. Cet arré-té avait élé délibéré, le 5 juillet, dans une assemblée générale des corps administratifs de Nantes, auxquels s'étaient réunis les administrateurs des districts de Cliason, Ancenis et Machecoul, réfugiés dans la ville, depuis l'occupation de leur territoire par les royalistes.

L'assemblée déclarait: 4e qu'elle considérait la Convention nationale comme n'ayant pas été libre, dans ses délibérations, depuis le jour où elle s'était laissé arracher la mise en liberté d'Hébert, la suppressioo de la commission des Douze et l'arrestation de plusieurs de ses membres ;

S" Qu'elle enverrait, sur Paris, une force départementale destinée à so réunir aux bons citoyens, pour écryser les anarchistes et rétablir

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La démonstration des Nantais était tardive. It y avait longtemps que les principales villes de la Normandie, de la Bretagne et du Midi avaient jeté le gant aux. vainqueurs du 2 juin ; déjà même les ardeurs de la résistance commençaient à s'éteindre et, de tous côtés, soit lassitude, soit faiblesse, de nombreuses rétractations arrivaient à la Convention. Quant à Beysser, un décret du 12 juillet venait de lui conférer le commandement en chef de l'armée des côtes de La Rochelle, en remplacement de Biron.

Cette défection de la dernière heure n'en fut que plus sensible au Comité de salut public. Dans le premier mouvement de colère, il propose à la Convention, le 17 juillet, de mettre hors la loi Beysser et ses complices; mais, le lendemain, il se ravise et se borne à faire mander à la barre le général et les autres signataires de l'arrêté du 5 juillet1.

le respect des lois, depuis si longtemps méconnu par une faction scélérate et si profondément perverse;

3° Qu'elle refuserait de recevoir désormais dans son sein les délégués de la Convention, car leur mission est attentatoire à la souveraineté nationale, les députés ayant charge de faire les lois et non de les exécuter ; de voter une constitution et d'ordonner les pouvoirs publics, non de les confondre et de les exercer eux-mêmes; d'exprimer la volonté du peuple sur la paix ou la guerre, non de commander et de diriger les armées ; de protéger et de contenir les pouvoirs intermédiaires que le peuple délèguel non de les envahir et de les annuler.

i. Ce premier décret était ainsi conçu :

COMITÉ DE SA LUT PUBLIC

Séance du il juillet 1793. ■ Présents : Couthon, Hérault, Prieur, Gasparin, Saint-Just, Rarère et Thuriol.

Le projet de décret suivant a été arrêté:

«. La Convention nationale décrète que le général Beysser et les

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