LIVRE SLVII
qu'il lui avait présentée, et que ses opinions anarchiques l'avaient fait chasser des sociétés populaires et du corps électoral, » déclarait a l'unanimité qu'il avait perdu sa confiance. Nous le retrouverons encore, dans le cours de ce récit1, tantôt incarcéré sur la demande de sa section, tantôt réclamé par elle, jusqu'au jour où, renvoyé au Tribunal révolutionnaire, il se frappera lui-même de cinq coups de couteau.
La tentative des Enragés avait échoué, mais les anarchistes n'avaient pas disparu. Selon l'énergique expression de Michelet, Paris les vomit en Vendée où, avec les grasses sinécures et les missions lucratives, ils eurent la dictature et le pillage.
Cependant une misère effroyable régnait à Paris. Nous avons déjà parlé* longuement de l'établissement du maximum. Créé dans le but d'entretenir l'abondance dans la capitale, il n'avait abouti, au contraire, qu'à ruiner le reste de la France, sans assurer l'approvisionnement du marché parisien. Pour faire face aux nécessités de la situation, la Convention dut recourir à de nouveaux expédients, et accumuler décrets- sur décrets, au risque d'user plus rapidement les dernières ressources du pays.