LIVRE XLVII
loi bienfaitrice l'aura fait disparaître du sol de la France. »
Lepelletier avait toutefois la condescendance de laisser l'enfant aux soins de sa mère jusqu'à cinq ans, pour obéir au vœu de la nature; à cet âge, on l'arrachait impitoyablement de la maison paternelle et, afin de mieux assurer l'exécution d'une loi si contraire à la liberté, on promettait une prime d'argent aux mères qui auraient ainsi donné quatre enfants en pâture au minotaure républicain.
Comme on le voit, le système est complet. L'uniformité, l'obligation, l'impôt progressif, la gratuité, l'absence de religion, tout ce qui est nécessaire en un mot à la tyrannie révolutionnaire est prévu et imposé. Du premier bond le but est atteint, et la démagogie ne trouvera jamais une meilleure formule.
Malgré son amour de l'antiquité, la France n'avait pas encore acquis la maturité républicaine nécessaire pour goûter de pareilles thèses; et, dans la* séance du 30 juillet, Grégoire combattit le projet de Lepelletier Saint-Fargeau.1 « Il nesuffitpas, dit-il avec une mordante ironie, qu'un système se présente escorté de noms illustres; qu'il aitpour patrons... Mitios, Platon, Lycurgue, et Lepelletier. » Puis faisant ressortir l'utopie del' habitation en commun, il signale la différence entre Sparte, peuplée de 25,000 habitants, et un pays qui en renferme 25 millions. Il objecte l'énormîté de la dépense, qu'il estime à 325 millions, sans calculer les frais de premier