AVERTISSEMENT
voulut en souffrir personnellement et, au lieu de fuir devant elle, il I-'altendit de pied ferme dans sa propriété d'Eure-et-Loir, non loin de l'héroïque cité de Chàteaudun, au milieu d'une contrée désolée par l'occupation allemande. C'est là que les habitants des Ardennes qu'il avait longtemps représentés viurent le chercher pour l'envoyer à l'Assemblée nationale, sans qu'il l'eût désiré, sans qu'il eût fait la moindre démarche. Ses forces minées par une maladie lente depuis plusieurs années semblaient lui faire une loi impérieuse du repos. Il accepta pourtant, persuadé à juste titre que, dans d'aussi graves circonstances, personne n'avait le droit de refuser son concours à la patrie.
Lorsque M. Mortimer Ternaux arriva à la Chambre, des difficultés de toute nature réclamaient une prompte solution. Jamais responsabilité plus lourde n'avait pesé sur les membres d'une assemblée souveraine. Il fallait a la fois signer avec l'étranger une paix onéreuse, rétablir l'ordre à l'intérieur, reconstituer l'armée, refaire les finances, concilier les intérêts les plus opposés. Sur toutes ces questions M. Mortimer Ternaux se montra digne de son passé parlementaire; il eut surtout une heure de grand courage en attaquant de front les révolutionnaires que sa plume avait si souvent démasqués. L'un des plus graves embarras du moment était le règne de la Commune à Paris. Au lieu de la réduire par la force, on parlait de traiter avec elle, et le' gouvernement lui-même paraissait disposé à prêter les mains à des transactions occultes. Avec sa double compétence d'homme politique et d'historien, M. Mortimer Ter-