LIVRE XLVII
ou veufs sans enfants, de 18 à 25 ans, marcheront les premiers.
« Chaque bataillon portera une bannière avec cette inscription : Le peuple français debout contre lès tyrans.
« Les envoyés des Assemblées primaires sont invités à se rendre dans leurs cantons respectifs, pour remplir la mission civique qui leur a été donnée par le décret du 14 août1 »
La plupart des historiens de l'école révolutionnaire ont célébré, sur le mode lyrique, le mouvement forcé de 1793, et ils en ont conclu que la réquisition sauva la France. Nous ne saurions partager leur avis. Entre 1792 et 1793, il y a toute la différence des entraînements de la liberté à la contrainte de l'obligation. Comme le dit éloquemment M. Michelet, et son aveu est précieux à recueillir, « Le beau nom de 4792, c'est celui de libre départ, celui de volontaires. Le nom de 1793, grave et sombre, est réquisition. »
La vérité, c'est que la levée en masse ne produisit tout d'abord qu'un amas confus dïhommes indisciplinés, dont un grand nombre étaient impropres au métier des armes. Au départ, sans doute, l'enthousiasme embrasait tous les cœurs; mais, au milieu des fatigues de la route, le découragement ne tardait pas à éteindre ce beau feu, et trop souvent, à l'arrivée, la désertion avait réduit les contingents des trois quarts !.
1. Ce décret est de la main de Carnot, avec des additions et modifications de celle de Barère.
2. M- Camille Bousset, dans son livre Les Volontaires, cite une lettre, du 24 septembre 1793, du représentant Isoré au Comité de
La vérité, on l'ignore généralement, c'est qu'une multitude de femmes et d'enfants se précipitèrent a la suite des réquisilionnaires, pour profiter des vivres qui .leur étaient distribués.
La vérité enfin, c'est que les deux, victoires décisives remportées dans le Nord, à Hondschoote et à Wattignies, furent dues à des troupes régulières, formées des débris d'anciens régiments, où l'élément des réquisitionnaires n'entrait que pour une partie.
Les Jacobins, dans leur désir de soustraire la nation au joug de l'armée, ont toujours poursuivi la chimère d'absorber l'armée dans la nation. Noire génération, malheureusement, a pu voir ce que valent de pareilles .tentatives. Ces prises d'armes instantanées d'une nation entière, dont les enfants n'ont pas été, au préalable, soumis au régime militaire, sont essentiellement aléatoires et dangereuses. Peut-être la France I'eût-elle appris, à ses dépens, un siècle plus tôt, si en 1793 les coalisés avaient agi avec plus d'activité et déployé plus d'énergie.
salut public, dans laquelle od lit textuellement : « Les districts de Laon et de Vervios avaient fait partir des masses indislinetes-de tous les hommes, jusqu'à l'âge de cinquante ans. Tout est déserté, de manière que le département de l'Aisne, qui devrait avoir fourni de 42 à I&.000 hommes, n'en a qu'environ 1,200. »