‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 212 sur 308 · LIVRE XLVIf · texte numérisé non relu

LIVRE XLVIf

Grève, en criant : du pain! du pain! Une pétition demandant la formation d'une armée révolutionnaire, destinés à favoriser l'arrivage des blés, est signée en plein air et portée à l'Hôtel-de-Ville, envahi aux mêmes cris.

Chaumette court à la Convention rendre compte de ce qui se passe. II cherche à rassurer l'Assemblée et accuse les contre-révolutionnaires. Mais pendant son absence l'émeute a grandi ; pour calmer cette foule en délire, il est obligé de requérir de la Municipalité le transport à la halle des farines nécessaires à la consommation du lendemain, et de prendre l'engagement d'appuyer, auprès de la Convention, la création de l'armée révolutionnaire.

A huit heures et demie du soir, le Conseil général entre à son tour en séance. La foule est toujours là. Ou lui jette en pâture les anciens administrateurs aux subsistances, y compris Tex-ministre Garât1, placés sou? la garde de sans-culottes, aux. gages, de cinq livres par jour. Au milieu de la discussion survient une députation de la société des Jacobins. Elle assure que, dès le lendemain, les députés montagnards feront décréter par la Convention les différentes mesures proposées par le peuple, de concert avec ses magistrats. On arrête alors, que le lendemain, à onze heures, tous les citoyens présents se réuniront à la maison commune et accompagneront le Corps municipal à la Convention, pour présenter l'adresse relative à l'armée révolutionnaire. A dix heures du soir

*. Les autres étaient Cousin, Bidermann, Filleul, Gario et Defavanne.

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enfin, la foule, apaisée par ces promesses, se retire.

La fameuse séance du 5 septembre à la Convention s'ouvrit sous la présidence de Robespierre. On lut d'abord plusieurs pétitions relatives au grand problème du jour, celui qui tenait anxieux tous les esprits, la question des subsistances. Le cri de la veille : du pain! du pain! résonnait encore, comme une menace, aux oreilles des Montagnards. Aussi chacun d'eux était-il prêt à faire assaut de popularité, car tous se sentaient en péril devant la faim, une fureur qui ne raisonne pas. Robespierre lui-même, le pur des purs, était devenu suspect, presque autant que les Girondins. ChaumetLe était insulté, en pleine rue, par les meneurs de la multitude. Toutes les idoles de la veille chancelaient sur leur piédestal.

II fallait aviser au plus vite et s'abandonner au courant, puisqu'on ne pouvait pas le remonter. Merlin (de Douai) commence par proposer une nouvelle organisation du Tribunal Révolutionnaire, afin d'accélérer la rapidité de ses décisions.

Sur ces entrefaites on apporte au bureau une lettre de Sierck. Elle annonce que les Autrichiens ont surpris un détachement de soldats républicains, qu'ils les ont mutilés d'une manière atroce, arrachant les langues, coupant les pieds et les mains. C'était une de ces fables absurdes, qui ne trouvent que trop aisément créance aux époques de trouble et de calamité. La dépêche déchaîne les colères, déjà toutes prêles à gronder.

On attendait le peuple; il ne larde pas à paraître, sous la forme d'une dépulation, ayant à sa tête le maire

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