‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 213 sur 308 · LIVRE XLVII · texte numérisé non relu

LIVRE XLVII

Pache et Chaumette, le procureur de la Commune. Elle est introduite, dans la salle.

« Citoyens législateurs, dit Chaumette, les tyrans de l'Europe, les ennemis domestiques de l'État. persistent avec atrocité dans leur affreux système d'affamer le peuple français, pour le vaincre et le forcer à échanger honteusement sa liberté» sa souveraineté, contre un morceau de pain, ce qu'il ne fera assurément jamais... » « Non] non) »-s'écrie-l-on d'une voix unanime.

L'orateur continue : « Où est-il, l'être fort qui écrasera tous ces reptiles?... Ils ont jeté le gant au peuple, le peuple le ramasse... Aujourd'hui la masse du peuple doit les écraser, sans ressource, de son poids et de sa volonté.

■H Et vous, Montagne, à jamais célèbre dans les pages de l'histoire, soyez le Sinaï des Français!... Montagne sainte, devenez un volcan, dont les laves brûlantes détruisent à jamais l'espoir du méchant, et calcinent les coeurs où se trouve encore l'idée de la royauté. Plus de quartier aux traîtres! »

« Non! non! s'écrie-t-on de nouveau dans toutes les parties de la salle.

u Si nous ne les devançons pas, ils nous devanceront; jetons, entre eux et nous, la barrière de l'éternité. «

A ce mot, les applaudissements éclatent. Ils redoublent, quand Chaumette demande que l'armée révolutionnaire forme au plus vite son noyau à Paris, et qu'elle parcoure les départements, « suivie d'un tribunal incorruptible et redoutable, et de l'instrument

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m HISTOIRE DE LA TERREUR.

fatal qui tranche, d'un seul coup, les complots et les jours de leurs auteurs ».

Le rire se mêle souvent aux larmes, et le ridicule est parfois bien voisin du sublime, Ghaumette introduit l'élément comique dans cette lugubre séance, où l'existence de tout un peuple est discutée par d'implacables rhéteurs. Il termine sa harangue par une proposition inattendue : celle de transformer le jardin des Tuileries en potager, d'y planter des herbes et des légumes. « Il a calculé qu'en abattant ces beaux ombrages, sous lesquels prend ses ébats l'enfance folâtre, on aurait de quoi offrir un déjeuner à la dixième partie des indigents de Paris. »

A ce trait final, l'enthousiasme de l'Assemblée ne connaît plus de bornes. Le président, au nom de la Convention, invite aux honneurs de la séance les députés de la Commune, et l'on décide que la pétition sera imprimée. Une foule immense d'hommes et de femmes envahit aussitôt la salle, au cri de vive la République! elle brandit des écriteaux avec cette inscription : guerre auco tyrans! guerre aux aristocrates! guerre aux accapareurs!

A partir de ce moment, les motions les plus violentes se succèdent sans interruption. Les Montagnards sentent sur eux l'œil de ce peuple qu'ils ont déchainé et dont ils ont peur à présent; pour lui faire leur cour, ils renchérissent servilement les uns sur les autres. Moyse Bayle, Raffron, Dussaulx demandent que les mesures proposées par les pétitionnaires soient immédiatement converties en décret. lîillaud-Va rennes dé-

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