‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 216 sur 308 · LIVRE XLVII · texte numérisé non relu

LIVRE XLVII

pompeuses paroles. Drouet va même jusqu'à s'écrier, dans un accès de zèle : « C'est le moment de verser le sang des coupables... Soyons brigands pour le bonheur du peuple ! »

Malgré l'exaltation révolutionnaire du moment, cette parole cynique provoque dans l'Assemblée des murmures et des . cris de rappel à l'ordre. 11 faut le dire à l'honneur de Thuriot, il eut, en cette circonstance, un de ces nobles mouvements qui doivent, aux yeux de l'historien, racheter bien des fautes. Il s'élance à la tribune et proteste contre le hideux langage de Drouel :

« Citoyens, dit-il, ce n'est point pour le crime que se font les révolutions, c'est pour le triomphe de la ,vertu.. . Loin de nous l'idée que la France soit altérée de sang; elle n'est altérée que de justice. Armons-nous pour la liberté; mais que la lot marche toujours avec nous. »

Et le stupide Drouet de s'écrier : « Je demande alors qu'on ne puisse assommer un Prussien que la loi à la main, »

Barère se chargea de présenter le résumé de la séjance. Son rapport n'est remarquable que. par des éclats de violence inouïe. Evidemment le menteur patenté du Comité de salut public a voulu se mettre au niveau des fureurs du moment; son éloquence atteint presque aux notes aiguës familières à l'Ami du peuple. « Plaçons, dit-il, la terreur à l'ordre du jour. Les royalistes veulent du sang; eh bien, ils auront celui des conspirateurs, des Brissot, des Marie-Antoinette. Us veulent faire périr la Montagne; eh bien, la Montagne les écrasera. Que faut-il pour mettre un terme aux

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complots? Une armée révolutionnaire qui balaie les conspirateurs. »

Quand le rapporteur annonce puérilement, en terminant, qu'un neveu de Pitt a été trouvé caché à Dinan, et mis en état d'arrestation, des transports de joie folle éclatent dans toute la salle. L'Assemblée décide que le neveu de « l'ennemi du genre humain » sera transféré à Paris. Puis elle rend les décrets suivants1 :

1° Les" Comités révolutionnaires seront épurés, et les membres de ces Comités recevront une indemnité de trois livres par jour;

2° Une indemnité de kO sols par séance est allouée à chaque travailleur qui assistera aux Assemblées des sections.

1 . Voici le texte de ces deux décrets ; la rédaction définitive du second ne fut volée que le 9 septembre.

Séance du S septembre H93.

La Convention nationale décrète :

Art. i". — Il sera accordé une indemnité de trois livres par jour aux membres des Comités de salut, public.

Art. 2. — Les fonds nécessaires à ces indemnités seront fournis par une contribution établie sur les riches.

Séance du 9 septembre 1793.

La Convention nationale, après avoir entendu le rapport du Comité de salut public, décrète :

Art. 1". — Il y aura désormais, dans les sections do Paris, deux séances seulement, le dimanche et le jeudi.

Art. 2. — Les citoyens qui n'ont d'autre ressource pour vivre ijno lo travail journalier de hiurs mains, pourront réclamer une indemnité de quarante sous par séance, elle ne sera payée qu'à ceux qui seront présents à la séance, qui commencera à cinq heures et finira à dix.

Art. 3. — La somme nécessaire au payement dé celte indemnité

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