‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 217 sur 308 · LIVRE XLVII · texte numérisé non relu

LIVRE XLVII

Ainsi, on allait dorénavant salarier le patriotisme des sans-culottes ; on revenait à ces beaux temps de la démagogie athénienne, où l'on payait trois oboles à chaque citoyen qui voulait bien se rendre aux séances de l'Agora. Mais il fallait bien, au risque de grever encore de charges nouvelles le trésor épuisé et dilapidé, remplir les salles désertes des sections, donner des comparses aux hurleurs de clubs, créer, à prix d'argent, l'autorité résultant du prestige fallacieux des foules.

Un troisième décret portait création d'une force armée destinée à comprimer les contre-révolutionnaires, à exécuter les mesures de salut public décrétées par la Convention, et à assurer les subsistances *.

sera perçue sur les contributions et sous additionnels, et avancée par le trésor public. La trésorerie nationale tiendra en conséquence ladite indemnité à la disposition du ministre de l'Intérieur, jusqu'à concurrence de la somme de cent vingt mille livres, pour être avancée à la municipalité de Paris.

Aht. 4. — Des commissaires, nommés ilans les sections, certifieront l'état de besoin des citoyens compris dans l'art. 2, et constateront la présence dans les séances des sections.

Aux. 5. — Les percepteurs des contributions directes de Paris acquitteront, chacun dans leur .arrondissement, le montant de l'indemnité, sur les certiGcats donnés par les cornmissuircs des sections; la somme répartie sur les sous additionnels sera versée dans le trésor public, à mesure des perceptions.

i. Le décret d'organisation est inséré au Moniteur du è septembre 1793. Il avait été précédé le même jour d'un autre décret ainsi conçu :

La Convention nationale décrète ; Art. 18r. — Qu'il sera formé une armée révolutionnaire. Aht. %. — Le Comité de salut public présentera, séance tenante, le mode d'organisation de cette armée.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

350 HISTOIRE DE LA TE RRliU.R

Le décret qui instituait l'armée révolutionnaire fixait son effectif à 6,000 hommes, et à 1,200 canonniers; mais, en réalité, elle ne compta jamais plus de /i.OOO soldats. Il fallut même, pour lui permettre d'atteindre ce chiffre, que la Convention revînt sur la mesure qui fixait de 25 à f|0 ans l'âge des volontaires, et autorisât, sur la proposition de Jean Bôn-Saint-André, l'enrôlement sans condition de tous ceux qui se présenteraient, en justifiant de leur santé et de leur patriotisme *.

Carnot avait consenti à prêter le concours de son expérience militaire à la création de cet instrument de despotisme, de même que Merlin devait, à quelques semaines de distance, définir, avec sa précision de juriste, lescaraclères auxquels on pouvait reconnaître un suspect. Aux termes de son projet, le soin de dresser la liste des candidats incombait, dans chaque section, aux Comités révolutionnaires, dont une Commission de douze membres, plis par moitié dans le Conseil de la commune et dans le Directoire du département de Paris, révisait le travail et arrêtait souverainement les choix. Quant aux officiers, la nomination de l'état-major général était réservée au Conseil exécutif, et l'élection déterminait la composition des

». Moniteur du 16 septembre 4793.

Page 1