‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 23 sur 308 · LIVRE XLI · texte numérisé non relu

LIVRE XLI

les assemblées primaires, elles ont suspendu l'envoi des contributions; déjà elles ne reconnaissent plus les décrets de la Convention, ni la Convention elle-même. Plusieurs ont entrepris d'avoir une correspondance avec d'autres administrations pour opérer une coalition. Je propose que demain il soit fait un appel nominal de tous les membres de la Convention, afin de connaître les députés qui ne sont pas à leur poste et sont allés conspirer dans les départements. Je propose de décréter qu'ils soient déclarés déchus de leur droit de représentants du peuple et remplacés par leurs suppléants. Je demande qu'il soit défendu sous peine de mort à tous les administrateurs, juges, officiers municipaux et autres fonctionnaires publics, de prendre ou d'envoyer aucune délibération tendant à convoquer les assemblées primaires, à empêcher la publicité des lois décrétées par la Convention, à organiser une force armée pour marcher sur Paris, à faire enfin une coalition, soit générale, soit par-, tielle, des départements. »

Defermon s'étonne qu'on vienne proposer ces mesures rigoureuses en vue de maintenir la paix.

« Commencez, dit-il, par rappeler au milieu de vous les membres que vous avez éloignés, ou du moins examinez les motifs de leur détention. Souvenez-vous que sur la simple proposition d'un membre, vous avez rayé quatre de ceux, qui devaient être compris dans le décret, sans savoir s'ils étaient ou non complices des autres; sou venez- vous que, sur la proposition du même membre , vous en avez mis en état d'arrestation quatre autres qui n'avaient pas été accusés. Prouvez donc que vous

voulez distinguer l'innocent du coupable, prouvez que vous voulez être justes. Vous aurez beau dresser des listes de proscription, ce n'est que par la confiance que vous pourrez faire respecter vos décrets et maintenir l'unité et l'indivisibilité de" la République.

— Ce que dît Defermon, s'écrie Roux (de la Haute- Marne) prouve bien qu'il y a un parti qui veut exciter la guerre civile et fédéraliser la République; mais la simple lecture de la constitution renversera tous ces complots. Celle que nous venons de vous proposer a déjà paru obtenir l'approbation générale, tandis que vos hommes à talent ont employé sept mois à préparer un projet monstrueux et informe.

— C'est vrai ! c'est vrai ! répètent en chœur tous les Montagnards.

— Mais c'est Barère qui l'avait rédigé; c'est le même que celui que vous présentez, » répond-on à droite.

Roux feint de ne point entendre cet argument irréfutable.

« Puisque la guerre, continue-t-il, est déclarée entre les deux partis , on verra auquel des deux on se ralliera.

— C'est par la justice, réplique Fonfrède, et non par des lois rigoureuses que vous pourrez sauver la France des horreurs d'une guerre civile. Quelle est la mesure réclamée par tous? c'est que vous donniez à la France une constitution républicaine. Pour prévenir de grands malheurs, vous devez vous en occuper sans interruption. Aussi je ne vous proposerai pas d'en suspendre

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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