‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 233 sur 308 · LIVRE XLVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XLVIII

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que la Conveation réponde en masse du salut public. »

Barère dénonce également le complot organisé contre le Comité, par ce qu'il appelle une secte de petits ambitieux, par des intrigants qui veulent se dégager d'une surveillance importune- Tl adresse une. mise en demeure à la Convention; il lui déclare que si le Comité, grâce aux calomnies dont on l'abreuve, a perdu la confiance de l'Assemblée, ses collègues et lui sont prêts à reprendre leurs sièges de députés, la lêle haute, car ils ont fait leur devoir.

Trieur, à son tour, lit quelques lettres de représentants, qui lui semblent de nature & corriger l'effet des messages communiqués un instant auparavant par les adversaires du Comité. Mais la Plaine estencoreindécise; plusieurs membres delà droite, Pclet (de la Lozère J , Delaunay jeune, d'autres encore paraissent disposésà soutenir Thuriot el ses adhérents. Le moment est suprême; Robespierre paraît et se dirige lentement vers la tribune. Il débute en ces lermes, au milieu du plus profond silence.

« Si ma qualité de membre du Comilé de salut public doit m'empêcher de m'expliquer avec une entière indépendance sur ce qui s'est passé, je dois l'abdiquer à l'instant; et, après m'êlre séparé de mes collègues, que j'estime et que j'honore (et l'on sait que je ne suis pas prodigue de ce sentiment), je vais dire a mon pays des vérités nécessaires.

« Depuis longtemps, le Comité de salut public soutient la guerre que lui font quelques membres, plus envieux et plus prévenus que justes. Quand il s'occupe,

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

m HISTOIRE DE LA TERREUR.

jour et nuit, des grands intérêts de la patrie, on vient apporter ici des dénonciations écrites, présentées avec astuce; serait-ce donc que les citoyens, voués par vous aux plus pénibles fonctions, auraient perdu le titre de défenseurs imperturbables de la liberté, parce qu'ils ont accepté ce fardeau? Ceux qui les attaquent sontils plus patriotes, parce qu'ils n'ont pas reçu celte marque de confiance? II n'y a que la plus extrême ignorance, que la plus profonde perversité qui puissent se faire un jeu cruel d'avilir ceux qui tiennent le limon des affaires, d'entraver leurs opérations, de rabaisser leur conduite. »

Robespierre entre ensuite dans de longues explications sur les actes du Comité, sur les motifs qui l'ont porté à destituer certains généraux, suspects d'incivisme; puis il reprend le cours de ses tirades agressives. « Ah! cette journée a valu à Pitt, j'ose le dire, plus de trois victoires. A quel succès, en effet, peut-il prétendre, si ce n'est à anéantir le gouvernement national établi par la Convention, à nous diviser, à nous faire déchirer de nos propres mains? Si nous passons dans l'Europe pour des imbéciles ou des trailres, croyez-vous qu'on respectera davantage la Convention qui nous a choisis, qu'on sera même disposé à respecter les autorités que vous établirez par la suite?

« Le Comité a des droits à la haine des rois et des fripons. Si vqus ne croyez pas à son zèle, aux services qu'il a rendus à la République, brisez cet instrument; mais auparavant, examinez dans quelles circonstances vous êtes. Ceux qui nous dénoncent sont eux-mêmes

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