LIVRE XLVIII
pression présenté par le Comité de sûreté générale, et conclut en ces termes : « Soyez doux, humains pour l'innocence et le patriotisme; mais soyez inflexibles pour les ennemis de la patrie. Votre ancien décret vous présente tous les moyens nécessaires et raisonnables. J'en demande donc le maintien, et le rapport de celui qu'on vous a fait rendre. »
Ce langage était habile et la Convention, qui ne demandait qu'un prétexte pour être convaincue, s'empressa d'annuler le décret adopté par elle six jours auparavant.
Les Comités révolutionnaires triomphaient et les arrestations recommencèrent plus nombreuses que par le passé. Ces excès mêmes sont leur raison d'être, et quand, à de rares intervalles, quelques voix s'élèveront encore pour s'en plaindre, personne ne les écoutera plus. Afin de mieux défendre les Comités, Robespierre avait dû dissimuler leurs violences. Lorsqu'il faudra les justifier, le 25 pluviôse, de s'être attaqués au père de Camille Desmoulins, Danton pourra dire ouvertement : « En les créant j on a voulu établir une espèce de dictature politique des citoyens les plus dévoués a la liberté sur ceux qui se sont rendus suspects... lîn faisant trop pour la justice, on s'exposerait à tomber dans le modérantisme1. »
\. Moniteur du 26 mars 1793.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France