‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 255 sur 308 · LIVRE XLVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XLVIII

Mayence déposent contre lui. Et vous voulez appeler de cent cinquante lîeues des témoins dont le déplacement compromettrait le salut de la patrie! »

— « Il faut savoir s'il y a de quoi condamner Custine, ajoute Raffron. S'il est coupable, qu'il aille à Véchafaud; s'il n'y a pas de preuves suffisantes, qu'onle tienne enfermé jusqu'à la pais. »

Tallien déclare qu'il existe un complot destiné a sauver Custine et à désorganiser les armées. Il demande l'envoi d'un courrier extraordinaire à l'armée du Nord, pour empêcher qu'aucun fonctionnaire public ne quitte son poste, dans le cas où il recevrait une citation du Tribunal extraordinaire; il réclame la comparution à la barre de l'accusateur public, pour dire quels motifs Vont porté à obtempérer à la demande de Custine; « car il est possible, dit-il, que l'accusateur public soit complice de ce complot. »

Osselin ajoute que le président du Tribunal Révolutionnaire doit aussi être appelé, et sa proposition est adoptée.

Arrivé devant la Convention, Fouquier-Tinville déclara que le Tribunal n'avait nullement accédé à la réclamation de Custine, et que lui-même s'était élevé avec force contre cette « inconvenance, qui tendait à compromettre le salut de la République ».

Le président rejeta, de son côté, la négligence apparente dont on l'accusait, ainsi que ses collègues, sur la quantité des pièces produites dans le procès de Custine. « Il est sensible pour des gens qui occupent un poste délicat comme le nôtre, dit-il en termi-

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nant, qui sont toujours prêts à faire tout ce qu'on peut exiger d'un véritable républicain, de se voir sans cesse inculpés d'incivisme pour des motifs aussi mal fondés! »

Sur ces protestations qui les justifient, le président et l'accusateur public sont admis aux honneurs de la séance; mais le coup était porté, et quand ils furent remontés sur leurs sièges, ils n'oublièrent ni le blâme qu'ils avaient failli encourir, ni la mission qui leur était confiée.

Les suspicions dont le Tribunal était l'objet montraient clairement qu'il ne répondait pas encore, quelque célérité qu'il mît à expédier les affaires, à l'impatience des hommes de la Convention, débordés eux-mêmes par les agitateurs des clubs. Il fallut aviser à introduire de nouvelles modifications, a augmenter le nombre des juges et des jurés, à doubler les séances, afin de permettre de juger rapidement les soi-disant conspirateurs dont regorgeaient les prisons.

Merlin (de Douai) fut chargéde ce soin, et présenta, au nom du Comité de législation, dans l'orageuse séance du 5 septembre où furent votées tant de mesures révolutionnaires, un rapport dans lequel il disait : « Il importe que les traîtres, les conspirateurs reçoivent le plus tôt possible le châtiment dû a leurs crimes; l'impunité ou le délai de la punition de ceux qui sont sous la main

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