‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 32 sur 308 · LIVRE XLll · texte numérisé non relu

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la discussion sur un autre terrain. Renouvelant la proposition que Robespierre avait faitadopterle 16 mai 1791 à l'Assemblée constituante, il demanda que les membres d'une législature ne pussent être réélus à la législature suivante. Cette fois, Robespierre ne se lève pas pour soutenir une thèse qui lui avait valu, deux ans auparavant, un si grand renom de désintéressement. Personne n'appuyant l'opinion de Poullain Grandprey, ni celle de Delacroix, l'article fut voté tel qu'il avait été rédigé par le Comité.

« Tout Français exerçant les droits de citoyen est éligible dans toute l'étendue de la République. Chaque député appartient à la nation entière. »

Dans son exposé des motifs, Hérault-Séchelles avait soulevé une question qui depuis a été vivement débattue, et qui l'est encore de nos jours. Fallait-il établir, par une loi, des circonscriptions électorales nommant chacune un député, ou laisserait-on chaque candidat bénéficier de toutes les voix qu'il aurait obtenues dans l'étendue entière de la République? Le rapporteur s'exprimait ainsi sur ce point : « Pour parvenir à connaître la volonté générale qui, dans la rigueur du principe, ne se divise pas, nous aurions voulu qu'il eût été possible de ne faire qu'un seul scrutin pour tout le peuple. Mais dans l'impossibilité physique d'y réussir, après avoir épuisé toutes les combinaisons et tous les modes quelconques, on sera forcé de revenir, comme nous, au moyen le plus simple et le plus naturel ; il consiste à faire nommer un député par chaque réunion de canton formant une population de cinquante mille âmes. »

Cette idée de réunir dans un seul scrutin les votes émis dans, divers départements en faveur d'un même candidat ne fut pas reprise lors de la discussion des articles; on se contenta d'abaisser de cinquante mille à quarante mille le chiffre d'habitants nécessaire pour composer une circonscription électorale.

Au sujet de la confection de la loi, le projet montagnard semblait avoir voulu faire assaut de popularité avec le plan girondin ; comme son aîné, il proposait de soumettre à la sanction du peuple, réuni en assemblées primaires, non-seulement la constitution, mais encore toutes les lois de quelque importance. Cette partie de l'œuvre girondine n'avait pas subi l'épreuve de la discussion parlementaire; les articles correspondants, dans le travail du Comité de salut public, donnèrent lieu à un débat qui, sous des formes différentes, se renouvela plusieurs fois durant les douze jours consacrés à l'érection de ce monument de l'impuissance de ses architectes.

Sectateurs fidèles des doctrines de Jean-Jacques Rousseau, les républicains de toute nuance professaient, en ce temps-là, un respect aveugle pour la volonté du peuple. Us croyaient rendre hommage à ce « souverain » en l'appelant à se prononcer, dans des comices presque permanents, sur une série presque non interrompue de plébiscites : c'était ce qu'ils entendaient par

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