Louis Blanc, tome IX, page
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
est pris pour une acceptation. Il est impossible qu'un gouvernement ait d'autre principe que le consentement exprimé ou tacite de la nation; mais dans aucun cas la volonté souveraine ne se représente; elle est présumée. Le mandataire ne peut être représentant; c'est un abus de mots, et déjà, en France, on commence à revenir de cette erreur. »
Ducos répondit à Robespierre : « Je soutiens, contrairement à l'avis du préopinant;, que !a volonté du peuple peut être représentée; sans cela, il n'y aurait de gouvernement légitime que dans la démocratie pure. Vous vous démentez vous-même, lorsque vous admettez que l'Assemblée législative peut faire des décrets qui seront provisoirement exécutés. Ils ne le peuvent être qu'en supposant qu'ils sont l'expression de la volonté générale, qu'en supposant que la Législative a représenté cette volonté. D'après la constitution de 1790, les assemblées nationales étaient absolument représentatives, si l'on peut s'exprimer ainsi, puisque les lois et les décrets étaient exécutés sans être ratifiés par le peuple. Voulez-vous donc changer tous les. principes dans votre nouvelle constitution? »
Ces raisons, quoique marquées au coin du bon sens, ne modifièrent pas l'avis du Comité de salut public. Les habiles de la Montagne savaient bien qu'ils investissaient le peuple d'une puissance purement illusoire, et qu'en ayant l'air de lui laisser beaucoup à décider, ils lui enlevaient en réalité toute attribution effective. En un mot, comme tant d'autres faiseurs de constitutions, ils donnaient d'une main et reprenaient de l'autre.
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