LIVRE XL1I
mois auparavant1. Fonfrède demanda que la constitution garantît cette liberté d'une manière expresse. Levasseur s'y opposa. « Le peuple français, dit-il, ne reconnaît d'autre culte que celui de la liberté et de l'égalité, »
Barère, ce jour-là, eut un bon mouvement.
« Je ne suis ni superstitieux, ni cagot, répondit-il au chirurgien montagnard, mais je crois qu'il tient aux droits de l'homme d'exercer librement son culle. »
Barère, à l'appui de son opinion, avait invoqué la constitution dos États-Unis. Robespierre prit ensuite la parole; mais il évita de combattre cette autorité qui certes en valait bien une autre. Obéissant à cet esprit soupçonneux qui ne lui faisait voir partout que conspirations et conspirateurs, il se doona amplement carrière en déclarant que la liberté des cultes n'était bonne qu'à masquer des complots liber ticides, qu'à favoriser des associations contre-révolutionnaires ; il concluten demandant l'ordre du jour motivé sur ce que le principe de la liberté des opinions était consacré dans la Déclaration des Droits.
C'était assimiler les questions religieuses à celles que soulèvent la politique, l'administration ou les finances; c'était mettre sur le même rang les choses divines et les choses humaines; mais l'Assemblée qui devait quelque temps après, sur la motion du même Robespierre, reconnaître l'Être suprême et l'immortalité de l'âme, ne s'arrêtait pas à de pareilles considérations. L'ordre du jour motivé fut voté sans débat.