LIVRE XLIII
son inaction l'enlèvement des fusils '. Ce bulin est porté à Lyon .en triomphe.
il n'y avait plus a s'y méprendre, la guerre était déclarée, "et des deux côlés on s'y prépara énergiquement. Le 3 juillet, la Convention invite ses commissaires près l'armée des Alpes à user contre les Lyonnais de toutes les mesures de coercition qu'ils jugeront opportunes et utiles. Le 12, elle déclare traîtres à la patrie Birotleau et les administrateurs qui ont convoqué ou souffert le congrès départemental, qui ont assisté ou participé à ses délibérations. Elle enjoint au pouvoir exécutif de diriger au plus tôt sur la ville de Lyon une force armée suffisante pour rétablir l'ordre, de faire traduire au Tribunal révolutionnaire de Paris les chefs de l'insurrection, et de répartir entre les patriotes indigents et opprimés le produit des biens des condamnés.
Ainsi, les confiscations étaient annoncées d'avance, les dépouilles des victimes étaient promises aux sansculottes lyonnais. La démagogie armait résolument les prolétaires contre ceux qui possédaient, el ne craignait pas de susciter, pour le service de sa cause, les plus détestables convoitises2.
*. Lesterp-Beauvaià avait été désigné dès le 30 mai pour aller en mission à Saint-Élienne; mais il n'était parti de Paris que le 5 juin, après avoir assisté à la chute des Girondins et avoir signé la protestation rédigée par les députés de la Haute-Vienne (tome VII, p. 5i>3). Peu de temps après l'expédition des Lyonnais sur Saint-Élienne, il fut rappelé, traduit devant le Tribunal révolutionnaire, et condamné à mort le 34 octobre 4793, Nous donnons à la Un de ce volume plusieurs pièces relatives à cet épisode peu connu du. soulèvement de Lyon.
%. Moniteur, a" 49.=> et 196.
m HISTOIRE DE LA TERREUR.
Cependant Lyon organisait une vigoureuse résistance. Les anciennes fortifications de la ville sont relevées; les citoyens des départements voisins sont appelés à la défense commune ; une députation de la commission populaire se rend à Semur pour offrir le commandement de la force départementale à un ancien officier du régiment de Picardie qui avait quelque temps séjourné à Lyon, Perrin de Précy. Celui-ci accepte et, le ïli juillet, il passe en revue les gardes nationales de la ville et des environs, réunies pour célébrer l'anniversaire de la fédération et renouveler leur serment de fidélité à la République. Enfin un tribunal est institué pour juger les vaincus du 29 mai. Ses premières poursuites sont dirigées contre Cbalier, le chef du parti démagogique, et contre Riard, l'un des commandants de la force armée, qui avait embrassé le parti de la Commune L.
Châlier comparaît devant ses juges fe 15 juillet, el le débat, qui dure vingt heures, se termine par un arrêt de mort. Le lendemain la tête du condamné tombait sur la place des Terreaux.. Quelques jours plus tard, Riard était également condamné et exécuté.
En montant sur J'échafaud, Chaiier avait légué sa vengeance à la Montagne; ce legs ne fut que trop bien accepté. Des milliers de victimes seront sacrifiées aux mânes de celui qui avait si longtemps prêché l'extermination de ses adversaires politiques et qui fut le premier frappé au nom de ses propres principes.