‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 64 sur 308 · LIVRE XL1I · texte numérisé non relu

LIVRE XL1I

En réponse à ces mesures, la Convention décrète d'accusation Wimpfen , Buzot et, Barbaroux , et enjoint

décrété la formation, mais qui en réalité n'existait encore que sur le papier.

Il chercha pendant quelque temps à garder les apparences de la neutralité entre les réquisitions des autorités du Calvados et les injonctions du Comité de salut public ; mais il dut opter quand il se vit mandé à Paris en vertu d'une délibération que nous avons retrouvée sur les registres de ce Comité, et qui était ainsi conçue :

Séance du i9 juin au soir.

« Le Comité, considérant qu'il importede prendre des renseignements sur l'état du pays dont les forces militaires sont conGées au général Wimpfen, et que ces renseignements sont d'autant plus pressants que' la situation politique do ce pays inspire des inquiétudes, arrête que le ministre de la guerre demeure chargé d'appeler à Paris le général Félix "Wimpfen pour conférer avec le Comité de salut public. »

Wimpfen se garda tiien d'obtempérer à celte invitation, ne prévoyant que trop le sort qui l'attendait. II écrivit à Bouchotte la lettre suivante, qui était une véritable déclaration de guerre.

Félix Wimpfen, général en chef de l'armée des côtes de Cherbourg, au citoyen Bouchotte, ministre de la guerre.

«■22 juin 1793, à Caen.

« 11 est très-aisé de faire un nouveau théâtre de guerre; mais il est encore plus aisé de maintenir ia pais.

« Que le Comité de salut public fasse rapporter les décrets contre les administrateurs de divers départements, ainsi que les décrets qui ont provoqué l'insurrection.

« Songez bien que le Calvados est fort de trois autres départements et de toute la ci-devant Bretagne dont le Comité central s'établit à Caen pour le maintien de la République une et indivisible.

« Voyez le peuple en fermentation et les sages usant de tous les moyens pour le calmer.

* Voyez donc dans tes départements ce que vous avez vu si souvent à Paris.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

au ministre de la guerre d'aviser à ce que force reste à 1 la loi l.

Mais ce n'était pas tout que d'avoir rendu le décret;

a Mais si le Comité et la Convention persistent à voir à rébour, ils doivent s'attendre à de grands malheurs; car il est dans la nature de se mettre sur la deffensive, même offensive, quand on se voit attaqué; et le général ne pourrait faire le voyage de Paris qu'accompagné de soixante mille hommes ; J'exigez-vous de lui ?

« Le général Félix Wîmpfen. »

A cette lettre se trouvait joint un billet non signé, mais de l'écriture de Wimpfen ; il ne contenait que ces mots :

« Pour Dieu, révoquez les décrets; envoyez ici un homme qui ne soit pas abhorré. Restez tranquille et laissez-moi faire, » ■

Le Moniteur, n° 180, et après lui VHistoirè parlementaire, tome XXVIII, p. 203, donnent cette lettre presque in extenso. Cependant leur version présente quelques variantes avec le texte original que nous avons retrouvé.

<. Les autorités du Calvados adressèrent à la Convention l'audacieux accusé de réception que l'on va lire :

« Caen, 28 juin 1793, 2* de la République une et indivisible.

Le suppléant du procureur général syndic au département du Calvados, an ministre de la justice.

i L'assemblée générale du Calvados, dans le sein de laquelle vos deux paquets m'ont été remis, et qui m'a ordonné d'en faire l'ouverture en l'absence du procureur général, me charge de vous répondre que les personnes de Félix Wimpfen, de Charles Barbaroux et de tous les bons citoyens qui ont été frappés d'accusation par une minorité factieuse qui ose se dire la Convention nationale, seront toujours SOUS la protection de la très-grande majorité des citoyens français contre l'oppression des scélérats qui veulent maîtriser la France et dont Je despotisme esta sa dernière heure.

« P. Hamon. »

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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