‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 7 sur 308 · LIVRE XLI · texte numérisé non relu

LIVRE XLI

d'individus; il Tant enfin parler de choses. Les représentants de la nation française doivent remplir leurs devoirs ou donner leur démission... Le cas de la suspension n'est pas prévu K »

La Convenlion n'adopte pas la motion de Robespierre; elle passe purement et simplement à l'ordre du jour, ce qui laisse Marat libre de maintenir ou de retirer sa proposition magnanime.

On introduit ensuite une députation du Comité central révolutionnaire. L'orateur s'exprime ainsi : « Législateurs, l'expérience vient de vous montrer d'une manière vraiment sublime que tôt ou tard la justice a son tour. L'étonnante révolution qui s'est opérée sous vos yeux est une grande leçon pour ceux qui marcheront après vous dans la carrière de la législation. Vous avez vu le peuple de Paris se lever tout entier, résister tout entier à l'oppression, et vous demander justice de ceux dont la présence nuisait à vos travaux, et auxquels il attribue avec juste raison tous les malheurs de la République.

« Trois fois le peuple ulcéré, outragé, a couru aux armes. Il avait donné à plusieurs de ses concitoyens la faculté d'user de son pouvoir. Ils l'ont fait pour Je délivrer des traîtres qui le divisaient. Le tocsin a sonné, le canon d'alarme a tonné, non pour annoncer l'effusion du sang, mais pour annoncer les dangers de la liberté et les atteintes mortelles qu'on lui portait. Le peuple

1. Le Moniteur attribue ces paroles ;t Basire; le Journal des Débats et Décrets à Robespierre. Nous croyons devoir suivre cette dernière version.

pour vaincre n'a eu qu'à se montrer. Le spectre de Ut discorde, hier encore évoqué d'un bout de la France à l'autre, n'a plus qu'à reculer. Une chaîne de fraternité va relier Paris aux départements, et rien ne peut plus empêcher les législateurs d'achever l'œuvre de la constitution républicaine. »'

Les honneurs de la séance sont accordés à la députa tion, qui traverse la salle aux applaudissements des tribunes.

Les Montagnards, désormais assurés de leur triomphe, veulent le consolider en s'emparant de toutes les positions; ils font décider, dès cette première séance, que tous les comités de la Convention, sauf le Comité de salut public, seront immédiatement renouvelés et complétés.

Les jours suivants, quelques réclamations s'élèvent encore dans l'Assemblée en faveur des proscrits; mais elles se brisent contre l'indifférence du centre et les murmures de Ja gauche. Le 4 juin, on lit le procès-verbal de la séance du 2. Grégoire demande que l'on y constate les insultes et les violences faites à la Convention : a Les ecclésiastiques veulent donc mettre le feu partout! » s'écrie Thuriot. Durand-Mai Ha ne, rédacteur du procès- verbal, fait observer timidement que son compte rendu présente la généralité des faits de manière à bien montrer dans quelles conditions l'Assemblée a délibéré.

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