LIA' RE II
de cet instant de répit pour conduire le roi dans l'embrasure d'une croisée, sur la banquette de laquelle il monte 1 . La foule avance et bientôt remplît la grande salle de l'Œil-de-Bœuf, qui lui a élé presque tout entière abandonnée : « Que voulez-vous, dit Louis XVI, avec un calme admirable? Je suis votre roi. Je ne me suis jamais écarté de la constitution 2 . »
Mais sa voix se perd au- milieu des hurlements. De toutes parts éclatent les cris de : « A bas monsieur Veto! 5 au diable le Veto! » proférés avec d'injurieuses menaces par des individus armés de fusils et de pistolets' 1 . À chaque instant, de l'immense cohue s'élèvent de brutales injonctions : « Le rappel des ministres patriotes , il faut qu'il le signe ! nous ne sortirons point qu'il ne l'ait fait ! »
La grande salle présente le spectacle d'un océan de
i. Acloque, dans son rapport, dît qu'il ne fut pas possible de déterminer M"* Élisabeth à quitter son frère et qu elle se plaça dans l'embrasure d'une autre croisée. Ce fut sans doute à ce moment que cette angélique priacesse dit à un serviteur fidèle, en entendant quelques individus qui la prenaient pour la reine, contre laquelle toutes les haines avaient été ameutées depuis si longtemps: « Ahl ne les détrompez pas! » [Mémoires de Madame Campan.)