Déclaration Gossé
4. Déclaration Bidault. — Les gardes nationaux écartèrent à plusieurs reprises de la personne du roi un individu qui, des premiers entrés, était armé d'une lame d'épée rouillée et s'était mis en posture de foncer sur Louis XVI; d'autres misérables tenant en main des pistolets, des sabres, trahissaient, par la violence de leurs propos, des intentions perverses. Parmi eux se trouvait un certain Soudin, bien connu pour avoir, en 4789, promené dans Paris les têtes de Foulon et de Berthierà la pointe d'une pique. (Déclarations Lccrosnier et Gui bout.)
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
têtes, de bras, de piques, de sabres, qui semble agité par un flux et on reflux perpétuel et au-dessus duquel surnagent les horribles trophées déjà promenés à travers l'Assemblée nationale 1 .
Plusieurs historiens, pour contredire les allégations peut-être exagérées des ultra-royalistes, de Peltier et autres, se sont laissé entraîner eux-mêmes à d'étranges appréciations en sens contraire.- En dépit des faits dont sont remplis les procès -verbaux authentiques, ces écrivains ne craignent pas de déclarer que « jamais dispositions plus inoffensivés ne se produisirent au sein d'un plus bizarre désordre 2 ; » que si quelques individus, par exception, eurent l'air d'en vouloir aux jours du roi, cela seul qu'ils ne le tuèrent pas prouve que personne n'en eut la pensée. « La chose eûtété bien facile, dit M. Michelet 3 : le roi avait peu de monde autour de lui, et plusieurs des assaillants, ayant des pistolets, pouvaient l'atteindre à distance. »■
Que les masses, entraînées par quelques meneurs dans l'inviolable domicile de Louis XVI, y fussent entrées sans intentions perverses ; que nombre de ces femmes , de ces enlànts, de ces désceuvrés qui n'étaient venus que par curiosité, ne se doutassent pas qu'ils commettaient un attentat national en outrageant le monarque chez lui : oui, cela nous semble incontestable. Mais ce qui ne Test
1. On revit même, dans la salle de l'OEil-de-Bœuf, le cœur de veau . planté sur une fourche avec l'inscription : « Cœur d'aristocrate. » (Déclaration Guibout.)