‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 134 sur 191 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

— Les parjures, répond l'extrême gauche, qu'ils aillent à CoblentzJ ' — Les parjures et les séditieux, réplique •Pastoret, ce sont ceux qui osent prétendre que le temps est venu de modifier la Constitution !.. . La motion qui vous est soumise est contraire à tous les principes constitutionnels... L'appel nominal seul serait un outragea la Constitution. Je demande la question préalable sur te tout. »

Malgré les protestations de la Montagne, cette dernière proposition de Pastoret est mise aux voix et adoptée. Puis l'Assemblée lève la séance, croyant avoir assez fait pour le salut de la monarchie et le maintien de la Constitution, parce qu'elle vient de revêtir d'une forme nouvelle une loi depuis longtemps en vigueur, mais depuis longtemps méconnue, et parce qu'elle s'est refusée a renouveler, sous la forme d'un message au roi, la demande que les faubourgs avaient faite la veille à main armée.

Tous les bons citoyens de Paris avaient été profondément émus des événements du 20 juin. La garde nationale élait indignée du rôle auquel on l'avait réduite. Pétion et Sergent, s'étant rendus dans la journée du 21 au Château, y furent accueillis par des huées et s'y trouvèrent même exposés à des voies rie fait très-répréhensibles. La Montagne devait naturellement faire grand: bruit d'un pareil attentat commis contre « les magistrats

du peuple. » Dès la réouverture de la séance, à 6 heures du soir, Brival vient le dénoncer à la tribune; mais l'attention de l'Assemblée est bientôt détournée par un objet plus pressant : on annonce que le faubourg Saint-Antoine arrive.

Le faubourg arrivaik-il en effet? Ce qu'il y a de sûr, c'est que l'on était très-inquiet au Château, que l'on y avait appelé le proeureur-général-syndic du département, et que le roi avait fait demander si l'Assemblée était en séance*. L'alarme était telle que la reine courut chercher le prince royal et que le jeune enfant, voyant sa mère effrayée, s'écria avec une naïveté touchante : « Maman, est-ce qu'hier n'est pas encore fini? 2 »

Acceptant comme réels les bruits répandus, — par bonheur ils étaient faux , — la droite demande qu'une députation soit envoyée aux Tuileries, une autre au-devant du rassemblement pour l'avertir qu'il De sera pas admis. Déjà l'on affirme que la tête de la colonne populaire est arrivée à la hauteur de la rue de l' Arbre-Sec, dans la rue Saint-Honoré. Cette nouvelle semble être confirmée par ce billet que reçoit le président :

« Monsieur,

« J'ai l'honneur de prévenir l'Assemblée qu'il se porte vers le Château un rassemblement armé..

" Le procureur-général-syndic du département, « Roederer. »

On propose d'envoyer immédiatement au roi une dé-

\. Rœderer, Chronique des cinquante jours.

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