‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 152 sur 191 · LIVRE III. 2G · texte numérisé non relu

LIVRE III. 2G

péril, de diminuer la responsabilité de ceux qui tiennent le gouvernail. » Muraire fait observer que les allégations de Guadet ne sont pas strictement justes. La commission extraordinaire n'a pas déterminé si elle demandait un compte rendu particulier à chaque ministre ou un compte rendu général au cabinet ; elle n'a pas entendu constituer les ministres responsables du défaut de sanction des deux décrets ; elle a seulement désiré savoir quelles mesures avaient été prises par les ministres, afin de les approuver ou d'en proposer de nouvelles pour le maintien de la tranquillité publique.

Le décret ayant été relu sur la demande de plusieurs membres, Guadet reprend la parole, et, toujours aux applaudissements enthousiastes des tribunes et de ses amis, il s'écrie : « Si M . Ramond a cru devoir me placer à côté de ces hommes qui ont voulu arracher au roi par ia force des armes une rétractation du refus de sanction à deux décrets, il m'autoriserait à le placer, à mon tour, à côté de ces hommes coalisés pour (uer l'esprit public et renverser la Constitution parla Constitution même. »

Ainsi engagée, la discussion ne pouvait être une discussion de principes, mais de tendances. Les ministres ont beau prolester de leur dévouement aux lois, se dire prêts, à exécuter toutes celles qui existent et affirmer qu'ils ont cru obéir aux décrets dans la mesure de leurs pouvoirs, l'Assemblée déclare, sur la proposition de Lasource, que les ministres n'ont point rempli son vœu, et en même temps, sur la motion de Guadet, elle leur fait par décret une nouvelle injonction ainsi conçue :

« L'Assemblée nationale vous ordonne de vous conformer au décret qu'elle a rendu dans la séance de vendredi dernier et qui vous -a été communiqué; elle vous demande, en conséquence, de lui rendre un compte général par écrit, sous trois jourg, des mesures qui ont été prises ou qui doivent l'être pour prévenir ou arrêter les troubles excités par le fanatisme, et garantir Paris en cas d'invasion du territoire français 1 . »

La municipalité, gravement compromise dans les événements du 20 juin, avait intérêt à ce que la tranquillité publique ne fût pas troublée, de quelque temps au moins. Pélion avait été invité par le ministre de l'intérieur à lui rendre compte tous les jours de la situation de la capitale 2 . Le département d'ailleurs veillait; et ce fut, il faut le reconnaître à la gloire des anciens constituants qui le composaient, le seul corps politique -qui, pendant et après le 20 juin, se montra à la hauteur de sa mission.

Cependant, le lundi 25, jour assigné pour un nouveau mouvement par quelques énergumènes des faubourgs, était arrivé, et les autorités constituées avaient redoublé de précautions pour arrêter le désordre, à ses premiers symptômes. Mais les meneurs avaient décommandé

■I. Journal des Débats et Décrets, p. 343.

2. Voir à la ûn du volume, noie X, quelques-uns de ces rapports de Pélion.

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