‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 36 sur 191 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

passer à l'unanimité. Cependant il suscite d'étranges observations, qui témoignent suffisamment de tout le mauvais vouloir de la gauche.

« Les fêtes les plus simples, dit Lasourcé, sont celles qui conviennent le mieux à une nation libre; je demande donc qu'il ne soit pas employé aux frais de cette fête plus de six mille livres. »

Chabot va plus loin, il réclame l'ajournement de toute discussion et l'impression du rapport, afin que chacun des députés ait le temps de l'examiner et de le discuter mûrement. Cette proposition excite des murmures, est écartée par la question préalable, et les quatre premiers articles du décret sont adoptés. Mais après la lecture du cinquième, où il était dit que la garde nationale formerait le cortège avec les autorités constituées, Albilte s'écrie : « Le cortège doit être composé du peuple ; admettre seulement la garde nationale, ce seraitdonner à la cérémonie l'air de la fête du drapeau rouge. »

Quatremère réplique : « L'objet de la fête est de rappeler le respect dû à la loi ; le comité a donc pensé qu'il convenait de former le cortège de citoyens chargés de maintenir et de faire exécuter les lois. »

L'amendement d'Albitte est écarté comme celui de Chabot, et enfin le décret est voté en ces termes :

« ... Considérant que la nation entière est outragée lorsque la loi est outragée dans la personne d'un magistrat du peuple ;

« Considérant de plus que le Champ de la Fédération, qui a reçu de tous les Français le serment à la loi et qui, par sa destination, appartient à tout l'empire, est le lieu

i(\6 HISTOIRE DE LA TERREUR,

le plus propre à rendre vraiment national l'hommage que les représentants du peuple ont résolu de décerner à la. loi

« Abt. 1; Une .cérémonie nationale, consacrée au respect de la loi, honorera la mémoire de Jacques-Guillaume Simoneau, mort, le S mars 1792, victime de son dévouement à la patrie.

« Art. 2. Les dépenses de cette cérémonie seront acquittées par le trésor public ; la somme ne pourra excéder six mille livres.

« Art. 3. Le pouvoir exécutif fera ouvrir et disposer le Champ de la Fédération pour la pompe qui doit y avoir lieu le premier dimanche de juin.

« Art. h- L'Assemblée nationale y assistera par une dépu talion de soixante-idouze de ses membres.

« Art. 5. Le cortège sera composé des magistrats nommés par te peuple, des différents fonctionnaires publics et de la garde nationale.

« Art. 6. L'écharpe du maire d'Étampes sera suspendue aux voûtes du Panthéon français.

a AfiT. 7. Le procureur de la commune d'Étampes, le sieur lîlanchet, citoyen de cette ville, qui a été blessé en défendant la lot, et la famille de Jacques-Guillaume Simoneau seront invités à cette cérémonie. »

Les démagogues étaient furieux. Pour satisfaire leur haine contre les promoteurs de la fêle de la Loi, ils u'hé-

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