‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 39 sur 191 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

furenÉ,par les mêmesjoumaux, déclarés réactionnaires*. Voici, du reste, en qtfels termes Robespierre rendit compte de cette cérémonie dans son Défenseur de la Constitution; on a si souvent représenté ce triste rhéteur comme l'inflexible ami de la loi, qu'il est utile de mon^ trer qu ? il n'a jamais respecté que les décrets rendus sotis sa propre inspiration , et qu'il n'a professé uû culte ardent pour la légalité que lorsqu'il pouvait l'invoquer pour écrasensés ennemis :

« Les juges, les administrateurs, les maires s les

4. L'Sïstoire s'est tue jusqu'à pféaent Sur la Suite qui fut donnée à Ja procédure dirigée contre les assassins de Simoneau et sur l'incroyable indulgence, nous pourrions dire sur l'audacieuse apothéose dont céS assassin:-' furent ] ! objGt quelques mois plus lard. Nous- avons retrouvé le dossier complet de cette procédure. Nous' en donnons l'analyse à la 1 fin de ce volume, note VIL On y verra que, malgré les assertions des défenseurs officieux que les assassins du maire d'Élampes avaient trouvés dans Robespierre et dans je curé-jureiir et électeur de Slauchamps, le jury de Seine^-ét-Oise reconnut des coupables parmi les individus qui lui furent déférés à l'occasion de ce crkne (juillet 4792). Sur son verdict, deux condamnations à mort et huit condamnations à des peines correctionnelles furent prononcées. Mais' deux mois plus tard, comme le prouvent d'autres pièces que nous avons- égarement retrouvées, les condamnés furent délivrés et présentés à l-Asscmblée législative comme deux malheureux patriotes persécutés ; l'arrêt qui les condamnait fut foulé aux pieds et livré à la risée publique. La veuve de Simoneau resta seule a demander que tes mônes de son époux fussent vengés, mais la voix qu'elle eut le Courage d'élever, peu de' jours .après qûe lé trône de Louis X-Vf se fut écroulé au bruit du canon du 10 août, ne fut pas écoutée, et, dans le sanctuaire des lois, personne n'osa réclamer contre l'impunité que les assassins de septembre assurèrent, de' leur autorité privée, à ceux qui les uvaient précédés de quelques mois dans la carrière du meurtre et du pillage.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

municipaux, les autorités constituées figuraient presque seuls à cette cérémonie; ce n'était donc point une fête nationale, c'était la fête des fonctionnaires publics. Le peuple n'était pour rien dans tout cela. Comme celte procession de corps municipaux, de corps administratifs et de corps judiciaires retrace l'image de l'ancien régime! Des baïonnettes, des glaives, des uniformes : quels ornements pour la fête d'une nation libre! Que dirons-nous de ces devises menaçantes qui présentaient partout la Loi en colère; où les mots de liberté, de propriété paraissent une fois seulement pour qu'on ne puisse pas dire qu'ils avaient été formellement proscrits, mais seulement après le nom de la loi, comme si la loi était quelque chose sans la liberté, sans la propriété, pour qui elle est établie? Que dirons-nous de ce glaive qui , pour la cause du maire d'Etampes, semblait menacer un grand peuple qui, dans toutes les crises de la Révolution, déploya une modération égale à sa force et à son courage ?

« Comme ce charlatanisme paraissait digne de pitié aux véritables amis de la loi, lorsqu'ils réfléchissaient que jusqu'à ce moment ce glaive, terrible seulement pour les faibles, avait toujours épargné la tête des grands coupables! Aussi le silence imperturbable, la profonde indifférence du public annonçaient-ils qu'il se regardait comme absolument étranger à cette fête. Il est vrai que ceux qu'on appelle assistants^ qui dans toute autre circonstance auraient trouvé le nom de Simoneau trop roturier, pour recevoir une telle illustration, semblaient applaudir à une apothéose qu'ils regardaient

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