LIVRE I
comme une représaille à la fête de la liberté des soldats de Châteauvieux. » (Défenseur de la Constitution, n° IV.)
Tout le monde avait effectivement fait dans sa pensée le parallèle des deux fêtes, et bien des réflexions amères avaient dû naître de cette comparaison dans l'âme de quiconque avait conservé le culte de la vraie liberté et le respect des lois. Dans la première de ces fêtes on avait vu les démagogues célébrer le mépris de la Constitution et de la discipline militaire comme des vertus civiques dignes de l'admiration universelle et déifier, aux acclamations d'une foule ignorante, ce que jusqu'alors On avait considéré comme ce qu'il y avait de plus infamant : le bonnet et la rame du galérien ! Dans la seconde, on vit toutes les autorités enfantées par le nouvel état de choses promener, tristes et solitaires, la statue de la Loi au milieu des masses indifférentes qui semblaient assister- au convoi funèbre de cette Constitution à laquelle huit mois auparavant on avait donné, hélas! un brevet d'immortalité.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France